Loïc a heureusement retrouvé cet amour de son frère que la colère et la frustration étaient en train de lui faire passer. C’est un bon garçon et quand on lui parle avec coeur et avec raison au lieu de lui parler avec tyrannie et contrition, il sait écouter et réapprendre les belles choses de la vie. Il l’a toujours été, bon et juste, et l’amour reviendra dans cette famille tel que la plupart de ses membres le souhaitent. A quatre contre un, le choix est vite fait si on utilise le principe utilitariste de Bentham. Mais même dans les concepts absolus, cette liberté et “besoin” paternel ne peut s’exercer à l’exclusion de quatre autres libertés identiques et tout aussi méritantes.
droits des enfants mineurs
Maltraitance, comment la déceler pour un néophyte
Considérations d’une non initiée à la psychologie infantile sur la difficulté de détermination de la maltraitance infantile et les pistes qui pourraient permettre de déceler son existence au sein d’une famille
6 septembre 2010
Les magistrats français se penchant sur le cas de la fixation de la résidence des enfants en cas de désaccord des parents ne sont pas rompus à l’exercice quand ils se trouvent devant des cas psychologiquement difficiles. En effet, dans un cas de maltraitance, force est de constater que les juges ne disposent pas de l’entraînement nécessaire pour pouvoir identifier eux-mêmes l’existence de maltraitance dans le dossier qui leur est soumis.
Cet examen est d’autant plus ardu que n’est pas abusif qui le veut bien. Il se peut, en effet, que le parent abusif ne se rende même pas compte d’être abusif et pense simplement agir pour le bien de sa famille. Il peut arriver qu’il mette sa maltraitance sur l’énervement du moment, se consolant du fait que l’enfant abusé l’aime encore et que ce n’était donc pas si grave. La découverte de la maltraitance est d’autant plus difficile si on ne prête pas suffisamment attention au témoignage des enfants et si on se laisse berner par l’apparente affabilité du parent abusif.
Les cas les plus extrêmes, des enfants abusés qui finissent à l’hôpital, ne permettent pas au parent abusif de garder cette quiétude d’esprit. Mais tant que l’abus n’est « que » verbal, « que » moral, « léger » en étant physique, personne vivant dans l’environnement du parent abusif ne pense qu’il est utile d’en tenir compte et il se sent donc conforté dans l’opinion que ce qu’il fait n’est pas bien grave. Il peut même être tenté de donner à son abus une qualification d’éducation et d’enseignement.
L’abus verbal peut comprendre une ou plusieurs des phrases suivantes : « tu es nul », « tu n’arriveras jamais à rien », « tu es un incapable », etc.
L’abus moral, quant à lui peut comprendre une contrainte, une absence d’écoute, un mépris affiché pour l’enfant, un parent qui interrompt l’enfant et lui fait comprendre que son avis ne compte pas, un parent qui indique que l’enfant ne comprend rien, une négligence des besoins de base de l’enfant, etc.
L’abus physique “léger” se manifeste avec des excuses dans le genre « une gifle ce n’est rien du tout », « je lui ai juste tordu le bras pour qu’il se tienne tranquille », « je lui ai serré très fort la main pour qu’il ne s’en aille pas », « arrête, il n’a rien senti », « j’étais obligé de l’attraper par le cou car on n’avait pas de temps à perdre ». La liste des sévices corporels est longue et va des faits considérés acceptables par la plupart aux débordements plus graves comme secouer très fort son enfant, le pousser violemment contre le mur ou lui broyer le genou ou l’épaule entre ses mains.
Plusieurs types de raisons peuvent pousser des parents à devenir des parents abusifs :
– Ceux qui ont été abusés eux-mêmes et qui ne connaissent pas d’alternative à ce comportement
– Ceux qui ont une pulsion pour faire du mal (cas extrême psychologique)
– Ceux qui se laissent emporter par le stress du moment et se sentent légitimés dans leur emportement par le mantra auto-inoculé du « je ne pouvais pas faire autrement » ou «c’est lui/elle qui l’a cherché », « on n’avait pas le temps pour que je l’arrête autrement ».
Si l’on accepte qu’il est difficile pour un magistrat de s’improviser psychologue diplômé et de connaître les divers types de parent abusif, il y a lieu de se demander malgré tout, si le stress dans la vie d’un parent ne devrait pas être un facteur déterminant d’examen approfondi de la situation familiale. En effet, si objectivement toutes les conditions sont réunies pour engendrer un stress permanent et croissant, il est utile d’effectuer une analyse psychologique plus poussée de la situation, surtout en présence de mots-clés des enfants dans leur témoignage (colère, négligence, etc.).
Avant cet examen approfondi et dans le cas d’un doute sur l’existence d’une situation d’abus, le magistrat doit être formé à reconnaître les signes clairs de la possibilité d’existence d’un parent abusif afin de demander (si nécessaire) un examen psychologique plus poussé. Ces signes sont, essentiellement les suivants :
1) Le témoignage de l’enfant quant à la négligence du parent ou à de possibles comportements empreints de violence. Un témoignage qui recèlerait le moindre indice d’une telle réalité – quoi que soient les expressions infantiles employées – doit être entendu à la lumière de cette possibilité et donner suite à une évaluation psychologique aussi bien de l’enfant que du parent concerné
2) Des traits de caractère spécifiques à un parent abusif :
– Élevé dans un environnement de parents divorcés ou connaissant des difficultés; n’a pas eu un modèle de parents normaux
– Ment, manipule la vérité facilement
– Avance des accusations contre l’autre parent sans aucun fondement et s’acharne à détruire toute velléité de résistance chez l’enfant
– Ridiculise chaque tentative de l’enfant pour s’exprimer que ce soit directement ou indirectement
– Ne laisse pas la place à l’opinion de l’enfant
– Est persuadé que sa manière de voir est la seule vérité
– Isole la personne abusée des autres et surtout de l’autre parent
– Ne respecte pas le droit des autres et surtout ceux de l’enfant abusé
– Est convaincu que ce sont les autres qui font tout contre lui et fait de la projection de ses propres défauts sur l’autre parent et/ou sur l’enfant abusé
– Rejette la faute de ses comportements sur l’enfant abusé ou d’autres personnes dans la famille
– A de la difficulté à se maîtriser quand l’enfant abusé résiste à ses demandes
3) Un état de mutisme ou d’agressivité chez l’enfant abusé
4) Un sentiment de dévalorisation permanente émanant de l’enfant que ce soit dans la manière de se tenir (un maintien peu assuré – à ne pas confondre avec la timidité, une attitude recroquevillée, etc.) ou dans celle de s’exprimer (élocution peu claire, peur, évitement du contact des yeux – qu’il ne faut pas confondre avec l’évitement naissant du mensonge, etc.)
De nos jours, la justice française est débordée, les services sociaux sont trop sollicités pour des cas extrêmes d’abus et on en oublie donc les enfants qui subissent une maltraitance « légère ».
Seulement voilà, il y a lieu de comprendre une fois pour toutes, du haut de notre cynisme blasé, que dans le monde des enfants il n’y a ni souffrance plus méritante ni palier acceptable de douleur.
http://www.youtube.com/watch?v=3cPT3zpjAOo
La raison de la déraison
” Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point” Blaise Pascal
Ma raison à moi est si forte qu’elle étouffe ce coeur hurlant à la mort
1er septembre 2010
♦ ♥
Il est de ces temps de solitude si basse et si abjecte
Ou ni le mot, ni la phrase, ni le vers point ne suffisent
A consoler mon cœur tourmenté de mère inquiète
Las, fatigués, cœur et tête en moi se contredisent
♦ ♥
De cette douleur dont je ne sens rien mais tout
Je me fais la seule coupable et veule criminelle
Pensant à combien c’était mes valeurs surtout
Que je protégeais et pas eux, ma peine éternelle
♦ ♥
Et tandis que cœur et esprit en moi s’entrechoquent
Je me bats, livide, pour pouvoir résister et dépasser
Cette haine qui monte en moi me brûle et me suffoque
Cette marée haute qui érode tant ma pauvre lucidité
♦ ♥
Dans ma chair sans être en ma chair je la ressens
Cette pression vive, cette force brutale imposée
Et moi si loin, seule, impuissante dans mon tourment
Me mets à tous mes dieux et tous mes saints renier
♦ ♥
Matin las succède à nuit terne sans une couleur
J’écris encore maudite de verbe, de phrase aride
Je parle, prépare la délivrance et panse mon cœur
Qui boit mes paroles, desseins dans son espoir avide
♦ ♥
Je n’ai toujours connu d’expression que le triste mot
Qui me soulage me permet enfin un peu de respirer
Pour pouvoir souffrir en moins ce qu’il y a en trop
Comme un baluchon qu’en vomissant, on met de côté
♦ ♥
Courbant l’échine sous le poids de nos douleurs
Je note vite, me libère de ce poison, encre de scribe
Nuit de réflexion, me fortifiant, freine rancœurs, peurs
J’écris encore ce déluge d’émotions que je me prohibe
♦ ♥
Les meilleurs ennemis – The best ennemies
Quand l’amour a été décimé, tout ce qui reste à un couple lorsqu’ils ont des enfants communs c’est de les partager sans les déchirer. Les besoins ainsi que les souhaits de ces enfants doivent primer sur les besoins et/ou les souhaits de chacun des parents. C’est sur cette base essentielle que la justice devrait construire ses principes législatifs
When love has been wiped out, all that is left for a couple when they have children they share is not to tear them while sharing. The needs and wishes of these children have to take priority on the needs and/or wishes of each of the parents. This is what justice legal rules should be built on essentially.
29 août 2010 / 29 August 2010
Les meilleurs ennemis
Il faut de tout pour une vie
Les meilleurs amours, si unis
Cœurs épris et meilleurs amis
Le partage de tout, des soucis
Le poids des années que l’on vit
La distance qui peu à peu s’établit
Le fossé se creuse encore et grandit
Plus rien, plus personne qui nous réunit
La découverte du réel, enfin le corps du délit
Le désespoir, la déchirure, le pardon, le doux oubli
Pour enfin se regarder et se voir là, les meilleurs ennemis
Et rebelote… ou peut être pas cette fois-ci..on espère, on prie
♦
Best ennemies – why love is blind
It takes sorts to get life lighted
The best love, the so well united
Loving hearts, best friends invited
To share everything, all worries spited
The weight of years that one lived excited
The distance settling, by indifference incited
The gap widens and grows with solitude delighted
Nothing, none to go back, by nature’s rules we abided
The discovery of reality, finally the corpus delicti sighted
Despair, tearing, forgiveness, sweet oblivion sadly decided
To finally look on and see in us the best of enemies highlighted
And begin again ..or maybe not this time…we hope, we pray, blinded
Tranche de vie avec l’aîné
Lien vidéo et texte anglais plus bas / Video link and english translation below french text
25 août 2010
Depuis le jugement que l’on m’a communiqué le 12 août – jour de mon anniversaire, j’enregistre toutes les conversations avec mes enfants. Je veux d’une part pouvoir toujours établir la vérité (puisque mon ex-mari essaie de m’affubler de la réputation de la méchante sorcière) mais surtout d’autre part, je voudrais conserver un souvenir, quelque chose pour meubler ces tristes instants où je suis privée de leur vue et de leur voix.
Cette tranche de vie-là, comme vous l’entendrez, elle a trait à une discussion entre mon fils de 13 ans et moi où je lui demande encore, pour vérifier, s’il veut revenir chez moi ou s’il a changé d’avis. Je l’informe de mon blog, essaie de lui expliquer les détails de ce qui est arrivé avec le jugement, de lui expliquer les différentes parties de la procédure, son déroulement, comment on aurait dû examiner les faits, quels étaient les critères.
Il est très intelligent et a été tellement frustré et choqué du jugement qu’il avait pleuré et était resté silencieux pendant très longtemps car il n’arrivait pas à comprendre ce qui s’était mal passé. Pour son cerveau intelligent mais si innocent encore, tout était évident, précis et chronométré comme une montre suisse. Il n’y avait pas de possibilités d’accrocs qui auraient pu leur porter tort. Je lui parle et lui explique, essayant avec l’humour de le sortir de ce coin sombre où il s’est réfugié plein de colère et d’amertume. Je suis triste et c’est difficile pour moi d’invoquer l’humour en ce moment mais j’y ai déjà eu recours avant et sais que je dois l’atteindre avant que la colère et le côté sombre ne prenne le dessus sur ce petit être si plein de fierté et de lumière avant. Si mur, si intelligent, si sage mais encore – quelque part – un enfant.
J’essaie de savoir ce que leur père leur dit car je sais mieux depuis cette année qu’en fait il n’a eu de cesse de les manipuler, d’essayer de les retourner contre moi, d’utiliser toutes les occasions même quand il était hébergé chez moi pour leur faire croire que j’étais une mauvaise mère, une méchante femme qui voulait uniquement lui faire mal.
Pour bien comprendre cette tranche de vie et les bizarreries qui pourraient exister dans ce récit, il faut savoir plusieurs choses :
– Le père ne laisse pas ses enfants me contacter librement
– Parfois quand on parle, le père est là à côté debout pour on ne sait quelle raison puisque lui et moi n’avons plus rien à nous dire ; du coup les enfants se comportent étrangement ou ne parlent plus que par monosyllabes
– Souvent mes appels restent sans réponse alors que j’entends sonner de l’autre côté (je ne sais pas si le téléphone est coupé) et souvent le téléphone est en dérangement
– Quand le temps entre deux appels devient trop long et que je fais intervenir la famille, mon ex-mari est obligé de me faire parler aux enfants mais le fait en exerçant encore ses talents de manipulateur : 1) pour le grand, il essaie de lui trouver une activité dont il raffole et ne lui permet de l’exercer que juste avant qu’il ne m’appelle 2) pour le petit, il allume la télé sur la chaîne de ses dessins animés favoris juste avant de m’appeler et fait ensuite semblant d’obliger Léo à venir me parler ce qui provoque de la colère, des cris, une crise de la part de Léo et je dois alors moi-même demander à ce que Léo retourne à son dessin animé (il est trop petit pour comprendre et son hyperactivité ne l’aide pas à être plus conciliant et capable de discernement) 3) pour Léa il lui permet de voir ses émissions favorites juste avant qu’elle ne parle avec moi.
Ces techniques de manipulation réussissent avec le petit, parfois avec le grand (il n’y peut rien quand on vous prive d’un hobby et qu’on vous le donne juste à un certain moment, vous le prenez, c’est légitime et je ne lui en veux pas) mais jamais avec Léa qui est toujours tout de suite là au rendez-vous. Mais même Léa vit mal et réagit contre ses manipulations d’une manière tout à elle, en rébellion, en nervosité, en agressivité
Vous aurez plus l’occasion de constater, dans d’autres vidéos, les effets de ces techniques de manipulation utilisées par ce père au mépris de la souffrance immédiate que c’est en train de causer mais – et c’est surtout cela qui me torture – au mépris total de l’effet à long terme de ce comportement sur la psyché de ces enfants.
Toutes les occasions étaient bonnes pour lui de leur montrer combien il souffrait de leur absence, il a utilisé à outrance la carte du chantage affectif et malgré tout les enfants n’avaient pas flanché parce qu’ils avaient déjà eu l’occasion de voir – pendant mes voyages d’affaire – combien il était mieux pour eux de ne pas être avec lui durant les périodes scolaires. Non pas qu’ils ne l’aimaient pas du tout, c’est juste qu’ils connaissaient mieux leur intérêt et leur salut. Une sorte d’instinct de survie de cette jungle urbaine quand vous sentez dans vos os ce qui est mieux pour vous quand vous possédez le don d’une pensée indépendante que vous êtes intelligent.
Il a donc eu recours à la force pour les soumettre à sa volonté et a été bien aidé par la justice en cela. Puisqu’ils ne voulaient pas venir avec la douceur, le chantage affectif et les mille promesses, eh bien ils viendraient contraints et forcés.
S’ils étaient majeurs, on aurait qualifié ceci de kidnapping. Quel autre mot en effet pour une personne qui prend d’autres personnes contre leur gré ? Peut-on l’appeler autrement juste parce que c’est sanctionné, même favorisé par la justice ? Peut-on l’appeler autrement parce qu’il s’agit de leur père ?
La justice a un comportement ambigu quant à la liberté individuelle et une notion un peu particulière de quand et comment elle peut s’exercer. Je veux bien croire qu’on ne peut pas sanctionner un enfant mineur récalcitrant qui veut s’affranchir de tout parent et vivre sa vie nu, tout seul dans la rue. Mais un enfant mineur, capable de discernement, qui veut juste pouvoir vivre une vie normale et heureuse, plutôt que cette rengaine malheureuse Métro – boulot – dodo que son père, sorcier apprenti, nous convertit en Pajéro – école de beaux – dodo ? A-t-on le droit dans la toile de vie appartenant à un enfant d’égarer la palette et les pinceaux, écarter les couleurs pour ne laisser que les nuances lasses de gris que l’enfant martèle sur la toile à coups de tête à défaut d’un instrument plus approprié ?
On pourrait me reprocher que je tiendrais un discours autre si c’est un autre choix qui leur cœur habitait. Mais loin de moi cette veule hypocrisie. Mes convictions, je les revendique, je les vis. J’ai toujours cru, très fort, aux paroles sages du poète Gibran Khalil Gibran quand il décrit le rapport des parents à leurs enfants. A part l’habituel rengaine des bonnes manières, afin d’en faire des êtres dont tout le monde pourra être fier, je limite mes interventions à leur expliquer les chemins leur en laissant le choix, l’orientation.
Et de ces vidéos que je compose, comme un désespérant bouquet de rose, il n’en restera que l’ambigüe question, quelle était donc leur vraie intention ? Et moi, connaissant ma vérité, tout ce que je vous dirai, c’est que j’ai voulu la partager, vous la faire expérimenter. Vous regardez, en tirez vos conclusions et décidez si j’ai eu tort ou raison. Car je continue encore mon combat, je continue le cœur frêle et las. Ne sachant des deux crimes, quel dilemme ! Que choisir se taire ou exprimer ce problème.
Aujourd’hui je m’exprime et partage malgré mon silence de tout temps avant ce drame qui le fait éclater, mon vœu de silence. On me prend mes enfants et en plus contre leur gré, pour les soumettre à une tyrannie pour aucune autre raison que celle-là : « Parce qu’on peut le faire. Parce que pour une personne qui connaît bien les rouages de la justice, il est facile de soumettre l’autre à sa volonté » alors je m’insurge et romps mon silence. Un silence absurde de pénitent qui n’est ni de saint ni de moine mais simplement de femme conditionnée à ne pas dévoiler, à ne pas raconter aux autres ses malheurs. Comment vas-tu ? Bien. Saignes-tu ? Tes yeux sont-ils pleins de larmes ? Qu’importe ! On ne s’attachera qu’à cette phrase anodine de bienséance qui sort de ta bouche comme une vipère que tu craches de dégoût et d’impuissance, de bienséance.
Bienséance, pudeur, stupide Omerta organisée par les familles, les amis parfois par les femmes mêmes contre les femmes. La bienséance pour la bonne conscience ; pour que les hommes puissent se regarder et se supporter pour qu’amis et famille ne soient pas dérangés dans leur quotidien, dans leur gentille quiétude, par la sordide et injuste vérité que vit leur prochain, leur voisin.
Cette vidéo-ci est divisée en plusieurs parties puisque j’ai les moyens limités et ne peux mettre ensemble les 25 mn entières que j’ai pu discuter avec lui. J’ai essayé de lui apporter un peu de réconfort, un peu de pensée claire, de rationalité dans ce monde absurde qu’il ne comprenait plus. Il était blessé, taciturne et replié sur lui-même et au fur et à mesure que la conversation se déroule, je me rends compte combien lui, l’aîné de la fratrie, a essayé désespérément de raisonner avec son père sans succès. Je me rends compte combien il faut que je lui explique tout, que je le soutienne dans l’exercice de sa volonté avec l’humour de cette maman qu’il a toujours connu ainsi, sans trop lui faire part de ma propre colère. Encore un autre exercice d’équilibriste. Je n’ai jamais été douée pour les jeux de cirque mais poussée dans ce ring, sous ce projecteur cru, je me découvre, moi aussi, une nouvelle capacité de survie.
Vidéo en 3 parties/video in 3 parts: cela a pris du temps car ce fut un exercice techniquement et émotionnellement difficile, la discussion ayant duré plus de 20 minutes et aussi parce que j’étais confrontée plusieurs fois de suite à la souffrance de Léo / It took time as it was a difficult technical and emotional exercise given that the discussion was more than 20 minutes and that I had to witness and bear over and over again Léo’s suffering.
http://www.youtube.com/watch?v=oLskvWieuWM
http://www.youtube.com/watch?v=yNNyeE0MUDI
http://www.youtube.com/watch?v=OzBcqG_9pPg
Since the judgment that was released on 12th August – my birthday, I record all conversations with my children. I want one hand to always establish the truth (since my ex-husband is trying to create for me the reputation of the Wicked Witch), but above all else, I want a souvenir, something to fill those sad moments when I am deprived of their sight and their voices.
This slice of life there, as you will hear it, concerns a discussion between my 13 year old son and me when I ask him again, just to check, whether he still wants to return home to me or whether he has changed his mind. I inform him of my blog, trying to explain the details of what happened with the trial, to explain the different parts of the procedure, its progress, how one should have considered the facts, what were the criteria. He is very intelligent and was so frustrated and shocked with the judgment and had cried and was angry and silent for a long time as he could not understand what went wrong. To his intelligent but yet innocent mind everything was so obvious, neat as clockwork. There were no possible glitches that should have worked against them. I speak to him, explaining trying with humour to get him out of his dark corner where he lies in anger and bitterness. I am sad and it is difficult for me to invoke humour but I have done it before and I know I must get to him before the darkness and anger takes over this small being once so full of light and pride. So mature, so intelligent and wise, yet still somewhat a child.
I try to know what their father tells them because I know better since this year since that he never ceased to try to manipulate them, to try to turn them against me, using every opportunity even when he had been staying with us, as a guest in my house, to make them think I was a bad mother, a wicked woman who only wanted to hurt him.
To understand this slice of life and odd elements that might exist and that one cannot understand in this video, one must know several things:
– The father does not let his children contact me freely
– Sometimes when we speak, the father is standing there next to them for some unknown reason since he and I have nothing more to say to each other; hence the children are behaving strangely or only speak in monosyllables
– Often my calls go unanswered, so I hear ringing on the other side (I do not know if the phone is off) and often the phone seems engaged
– When the time between calls is getting too long and I have to get the family to intervene, my ex-husband is forced to make me talk to the children but does it while exercising his talents as manipulator: 1) for the older one, he tries to find an activity he enjoys a lot and allows him to exercise that hobby only right before he calls me 2) for the little one, he turns the TV on and sets it to the little one’s favourite cartoons just before calling me and then pretends to force Leo to come and talk to me therefore causing anger, screaming, and a fit from Leo thus forcing me to ask that Léo be returned to his favourite cartoons (he is too small to understand and hyperactivity did not help to be more accommodating and discerning) 3) for Léa he allows her to see her favourite shows just before she is supposed to speak with me.
– These manipulation techniques are successful with the little one and sometimes with the eldest (there is nothing you can do; when you are deprived of a hobby and given it back at a certain point in time, you take it, this is legitimate and I do not blame him) but never with Lea who is always immediately there for the skype appointment. But even she lives badly the situation and reacts to this manipulation in her own way, with rebellion, restlessness, aggressiveness.
You’ll get the chance to see the effects of these manipulation techniques, in other videos, used by the father not only with complete disregard for the immediate suffering that is being caused but – especially and this is what tortures me so – in complete disregard of the long-term effect of this conduct on the psyche of these children.
All the opportunities available were good enough for him to show them how much he suffered from their absence, he used to oblivion the card of emotional blackmail and yet the kids did not flinch because they had already had the occasion to see – during my business trips – how much better it was for them not to be with him during school times. Not that they did not love him at all, it is just that they knew were lied their best interest and salvation. A sort of survival instinct of the urban jungle when you know in your bones what is better for you when you are endowed with free thought and an intelligent mind.
He therefore resorted to force to submit them to his will and was well supported by justice in this. Since they would not come with the smooth talk, emotional blackmail and a thousand promises, then they would come constrained and forced to.
If they were adults, we would have called this kidnapping. What other word in effect for a person who takes other people against their free will? Can we call it anything else just because it is sanctioned, even helped by the court? Can we call it anything else just because he is their father?
Justice has an ambiguous attitude towards individual freedom and a somewhat unusual notion of when and how it can be exercised. I agree that we cannot accept that a recalcitrant minor simply eliminates from his/her life any parent and live a life naked, alone in the street. But a minor child who is capable of discernment, who just wants to live a normal and happy life, rather than this unfortunate buzz word “Metro-boulot-dodo” translated as Tube – work – sleep, as his father, an apprentice sorcerer alkazams into “Pajéro-école de beaux – dodo” or Pajero – school of the fine – sleep? Do we have the right in the painting of a child’s life to seize the palette, the brushes, set aside the colours leaving only sad shades of gray, as the weary child pounds on the canvas with his forehead, failing a more appropriate tool?
One could blame me that I would be talking another language if their hearts held another choice. But truly I abhor such spineless hypocrisy. I claim my beliefs and live them. I always believed, very strongly, the wise words of the poet Jibran Khalil Jibran, when he describes the relationship of parents to their children. Besides the usual refrain of good manners in order to make of them human beings that everyone can be proud of, I limit my intervention to explaining the pathways leaving the choice of direction.
And of these videos that I here link, like a desperate bunch of rosy pink, the only matter that will remain is the ambiguous question, what was their real intention? And I, knowing my truth in it, all I will say is that I wanted to share it, allow you to experiment it. You look, draw your own conclusions and decide whether I was right or wrong. Because I continue my fight, martial art, I continue with my frail and weary heart. Unsure from the two crimes, what a dilemma! What to choose: be silent or show the stigmata.
Today I am speaking and sharing despite my all-time silence before this tragedy that shatters my vow of silence. They take my children against their will, to submit them to a tyranny for no other reason than this “Because they can. Because for a person who knows the tricks of justice, it is easy to submit the other to his will “, so I make an exception and break my silence. An absurd penitent silence that is neither that of a saint nor that of a monk, but simply of a woman conditioned not to reveal, not to tell others her misfortunes. How are you? Good. You bleed? Your eyes are full of tears? Whatever! They will only attach themselves to this innocuous sentence of decency that comes out of your mouth like a snake that you spit in disgust, in helplessness, in propriety.
Propriety, decency, stupid Omerta organized by families, friends, sometimes even by women against women. Decency for a feel good conscience, so that men may look at themselves and bear themselves, so that friends and family are not disturbed in their daily lives, in their nice tranquillity, by the sordid and unfair truth lived by the neighbour, their fellow human being.
This video is divided into several parts because I have limited resources and cannot put together the entire 25 minutes that I could talk with him. I tried to bring a little comfort, a little clear thinking, and rationality in this absurd world that he could no longer understand. He was wounded, silent and introvert and gradually as the conversation unfolds, I realize how much he, the eldest sibling, tried desperately and unsuccessfully to reason with his father. I realize how important it is that I explain everything, that I support him in the exercise of his will with the humor of this mother that he has always known this way, without expressing too much my own anger. Yet another tightrope. I’ve never been good at circus games but pushed into the circus ring, under this crude projector, I discovered, too, a new ability for survival.
Tranches de vie à écouter
(Lien vidéo et texte anglais sous le texte français – English text below video link and French text)
Depuis le jugement que l’on m’a communiqué le 12 août – jour de mon anniversaire, j’enregistre toutes les conversations avec mes enfants. Je veux d’une part pouvoir toujours établir la vérité (puisque mon ex-mari essaie de m’affubler de la réputation de la méchante sorcière) mais surtout d’autre part, je voudrais conserver un souvenir, quelque chose pour meubler ces tristes instants où je suis privée de leur vue et de leur voix.
Cette tranche de vie-là, comme vous l’entendrez, elle a trait à une discussion entre ma fille de 11 ans et demi et moi où je lui explique quels sont ses droits – vu que le droit français est vraiment trop compliqué, peu propice à donner satisfaction directement aux mineurs dans le choix de leur vie.
Je veux lui faire comprendre parce qu’elle est déçue par la justice française à laquelle elle ne croit plus et me reproche de ne pas avoir choisi, dès le départ, la voie la plus facile –dépôt de la demande à Dubaï – qui leur aurait permis de rester avec moi et qui m’aurais permis de ne même pas avoir à me battre pour gagner haut la main. Je m’évertue aussi à lui expliquer les valeurs en lesquelles je crois pendant que la mère en moi maudit l’être humain empreint de valeurs.
Moi, fille de l’Inde de Gandhi de par mon père, pétrie de non-violence, d’envie de justice pour tout le monde même si pour contrer l’injustice, je fais comme lui, le choix de Satyagraha (désobéissance non-violente civile, essentiellement verbale ou en actes de protestations, en cas d’injustice commise par le système en place et acceptation d’aller jusqu’à l’emprisonnement si tel est le châtiment réservé aux personnes qui élèvent leur voix ). Moi dont le père n’a jamais eu de cesse d’expliquer les droits dans la vie, qui ai pris de lui le concept inaliénable que tous les êtres humains sont égaux sans égard au rang social, au sexe, à l’appartenance de caste, à l’argent ou au pouvoir que les uns possèdent et les autres pas
Moi, fille de la Tunisie de Bourguiba de par ma mère, pétrie de croyance en l’égalité homme-femme et aux droits des femmes d’exister, de vivre une vie entière, de revendiquer leur droit d’être mère mais également être social affranchi dont les droits existent non pas malgré l’homme mais avec l’assistance bienveillante de l’homme dans la revendication de ces droits. Moi, façonnée par ma mère à croire en la valeur de la femme, croire en nos droits de femmes tout en étant musulmane, ne jamais accepter la tyrannie, ne jamais vouloir pour soi-même ce qu’on gruge à l’autre, connaître la différence entre le bien et le mal, résister pour préserver ses valeurs.
http://www.youtube.com/watch?v=iTz7i3i-3W8
Since the judgment that was released on 12th August – my birthday, I record all conversations with my children. I want one hand to always establish the truth (since my ex-husband is trying to create for me the reputation of the Wicked Witch), but above all else, I want a souvenir, something to fill those sad moments when I am deprived of their sight and their voices.
This slice of life that I am sharing, as you will hear it, concerns a discussion between my 11 and a half year-old daughter and I, where I try to explain to her what are her rights – as the French law is just too complicated, not the best way of giving a direct route to minor children to choose their lives.
I want her to understand because she is disappointed by the French justice in which she no longer believes and blames me for not having chosen, at the outset, the easiest way – filing in Dubai – that would have enabled them to stay with me and would have allowed me not even to have to fight to win without a problem. I strive also to explain the values in which I believe and that are tearing me apart while the mother in me curses the human being with the values.
Me, daughter of Gandhi’s India through my father, soaked in non-violence, in desire of justice for everyone, although, to counter injustice, like him I make the choice of Satyagraha (non-violent civil disobedience essentially verbal or through acts of protest, if injustice is committed by the system in place and accepting up to imprisonment if such is the punishment reserved for those who raise their voices).
Me, whose father never ceased to explain to the rights in life, who took from him the inalienable concept that all people are equal regardless of social status, gender, caste, money or power that some have and others do not
Me, daughter of Bourguiba’s Tunisia through my mother, immersed in belief in gender equality and women’s rights to exist, to live a full life, to claim their right to be a mother but also their right to be a socially free being whose rights exist not in spite of men but with the benevolent assistance of men in claiming these rights.
Me, shaped by my mother to believe in the worth of women, believe in our rights of women while remaining Muslim, to never accept tyranny, to never want for oneself what one denies the other, to understand the difference between what is right and what is wrong, to resist to preserve these values.
Le respect des droits des enfants mineurs et considérations sur leur résidence
La responsabilité d’un législateur dans le contexte de la résidence des enfants mineurs
22 août 2010
« Ils n’ont pas assez de pain ? Mais alors, qu’ils mangent de la brioche » aurait dit Marie-Antoinette en parlant des demandes de son peuple. Cette phrase rapportée dans le livre d’enfants Pünktchen und Anton (1931) par son auteur, Erich Kaestner n’a jamais été historiquement vérifiée. Il n’existait en effet pas une procédure où un scribe noterait tous les dires de la reine.
Vraie ou pas, cette phrase permet de mettre en exergue le décalage qui pourrait exister entre un souverain ou haut dignitaire responsable du sort du peuple et la vérité, la souffrance vécue par ce même peuple. Si elle était vraie, cette phrase aurait indiqué une méconnaissance totale de la souffrance, de la triste vérité de son peuple. Une méconnaissance coupable puisqu’il lui aurait fallu la connaître cette souffrance, cette vérité. Une telle phrase, vraie ou pas, aurait coûté à cette souveraine sa tête et aurait été le catalyseur dans l’avènement de ce qui est aujourd’hui la République française.
Pourquoi est-ce que m’amuse à vous raconter cette anecdote tirée de l’histoire ? Je n’ai point pour objet de m’improviser de la Fontaine mais voudrait vous enjoindre à réfléchir et vous exposer le lien avec ma réalité d’aujourd’hui. La mienne et celle de mes enfants. Aussi celle de mon ex-mari qui vit encore dans la fable qu’il s’est inventée lui-même et qu’il cherche à faire croire à d’autres. La fable de la méchante sorcière qui ferait de tout pour lui enlever ses Hansel et Gretel. J’ai peut être le nez quelque peu crochu, mais la ressemblance s’arrête là.
Voici, à défaut de fables, d’anecdotes hasardeuses, ma réalité. Des faits. Des constatations. Prenez le temps de lire, je vous prie et ne vous privez pas de me communiquer ce que vous en pensez. L’analyse statistique de l’opinion m’intéresse particulièrement sur ce cas que je m’efforce de regarder d’un œil critique depuis l’extérieur maintenant. Mais dans le récit, permettez-moi de garder mon cœur, mon cœur de mère car il m’est difficile d’encore l’arracher pour vous raconter ma vérité sans aucune émotion.
De tout temps, les souverains ont eu divers comportements quant à la responsabilité qui était la leur. En ce qui me concerne, j’ai toujours estimé qu’il est de la responsabilité première d’un souverain ou d’un haut dignitaire – dans l’exercice de la responsabilité qui lui est confiée – de connaître les griefs, de bien les analyser, de ne pas s’arrêter à la forme, la lettre de la loi mais d’utiliser l’esprit d’une loi, la substantifique moelle de la loi avant d’apporter un jugement.
Si on s’arrête à l’examen superficiel d’une question dont on ignore tout des prémisses, il est difficile de rendre un jugement équitable. Rendre justice. Une tache bien lourde et qui veut que l’on prenne toutes les précautions, qu’on dépasse le cadre stérile que nous fournit la loi (règles générales, considérations d’ordre juridique) pour essayer d’aller plus loin dans le raisonnement, pour s’évertuer à effectuer une réelle analyse de la situation. Dans l’exercice de son analyse, il est très important de dissocier un préjugé qu’on pourrait avoir contre une personne, une catégorisation instinctive colorant sa vision de l’analyse objective de la situation.
Juger un cas, cela entend se familiariser totalement avec tous les aspects de la situation présente, de peser le pour et le contre des diverses possibles évolutions de la situation présente en conformité avec l’analyse dichotomique des répercussions des deux décisions divergentes avant de pouvoir se prononcer. Un examen statique de ce qui a été, de ce qui semble avoir été convenu, de ce qui se fait en général, de ce qu’on pense personnellement étant le meilleur choix d’un point de vue d’un examen générique ne conduit absolument pas aux meilleurs résultats. Parfois, il peut même conduire à des résultats catastrophiques.
Il existe aujourd’hui, des critères d’examen objectifs de la situation conduisant à un choix à faire quant à la détermination de la résidence des enfants par un juge. Ce choix, facile lorsque les parents s’entendent bien, devient très épineux lorsqu’il y a discorde. La question est quelque peu facilitée lorsque les enfants sont majeurs (cas 1), ils décident tout bonnement où ils veulent vivre et personne ne peut leur gruger ce droit. La problématique est mille fois plus délicate quand les enfants sont mineurs et incapables de discernement (cas 2). Quand ils sont, au contraire, capables de discernement tout en étant mineurs, elle n’est pas aussi épineuse mais reste un terrain miné. Le législateur a donc mis en place des règles auxquels un juge peut se référer afin de l’aider dans cette lourde tache qu’est une décision juste tenant compte de l’examen critique d’un ensemble d’éléments au milieu d’une discorde parentale où, forcément, chacun soutiendra que c’est l’autre qui a tort en essayant d’y apporter ses preuves.
En ce qui me concerne, je n’examinerai que le cas 3 qui m’occupe. Voilà donc ce qui est prévu aujourd’hui par le législateur et que je prends d’un site servant à informer les personnes comme moi qui ne connaissaient pas leurs droits et qui sont, après coup, obligés de se renseigner sur la motivation des décisions qu’on leur transmet et qui ne correspond pas à ce qu’ils auraient pu attendre en suivant la logique humaine ou les lois de la nature (l’intégralité peut s’examiner à http://www.avocatsdivorce.com/garde-des-enfants.php ) :
« Le choix de la résidence
Pour la résidence des enfants, les parents peuvent s’entendre sur le lieu de cette résidence. Ce n’est qu’en cas de désaccord ou si l’intérêt de l’enfant n’est pas préservé, que le juge tranche le litige.
Le juge décide alors d’attribuer la garde de l’enfant à un des parents, l’autre conserve le droit de surveiller l’entretien et l’éducation des enfants. Un droit de visite et d’hébergement ne peut être refusé que pour des motifs graves (alcoolisme et tabagisme, incarcération du parent).
Le juge peut aussi fixer la résidence de l’enfant en alternance au domicile de chacun des deux parents. »
« Les critères retenus par le juge
Le juge tient compte des accords passés entre les époux, des renseignements recueillis par l’enquête et la contre-enquête sociale qu’il a pu ordonner, mais aussi de l’aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs et respecter les droits de l’autre. Il prend, bien entendu en compte les sentiments exprimés par les enfants eux-mêmes. En effet, le mineur peut être entendu par le juge dans toute procédure le concernant. Il n’y a pas de critère d’âge mais une notion de discernement en fonction de plusieurs paramètres : l’âge, la maturité, le degré de compréhension. Lorsque la demande émane du mineur lui-même, son audition ne peut être écartée que par une décision spécialement motivée du juge. Il peut être entendu seul ou avec une personne de son choix. Il peut être également assisté par un avocat. Le juge n’est pas lié par l’avis de l’enfant. »
Dans l’application de ces principes génériques à mon cas pratique, il a été tenu compte des éléments suivants :
1) Une convention dont on veut faire croire qu’elle était destinée à donner la garde au papa en 2010. Je souligne dans l’audience au juge qu’il s’agit d’une manipulation puisque cette convention ne parle que d’un retour des enfants à leur maison, la maison familiale en 2010, à la fin de mon expatriation à Dubaï. Je souligne également que j’ai été contrainte à signer cette convention et que je n’avais pas le choix, que je ne l’ai fait que pressée par le temps et ignorant comment cela allait être manipulé plus tard. Je souligne combien il était important pour moi de pouvoir prendre les enfants, combien j’ai toujours soutenu que je ne les laisserai jamais à la garde de leur père puisqu’il n’avait ni l’envie, ni même le temps matériel de s’occuper de ses enfants.
Pour plus de clarté, voilà les faits : Mon mari, avocat associé dans un grand cabinet, donc parfaitement au courant des méandres et labyrinthes du droit prépare et me force à signer le 13 juillet 2007 une telle convention alors que je suis en train de préparer mes valises pour aller à Dubaï le 14 juillet 2007. Quand est-ce que j’aurais eu le temps de consulter un avocat, de vérifier l’implication d’une telle convention ? Je ne suis pas avocate mais je connais un principe qui devrait s’appliquer partout : lorsque deux parties signent un contrat qui les lie et que la partie faible (celle qui connaît moins le droit) est manipulée par méconnaissance de ses droits ou contrainte par l’exercice d’une pression très forte l’obligeant à la signature, ce contrat devrait être déclaré comme nul et non avenu. Dans mon cas, cette convention a tout bonnement lieu à être écartée car toutes les prémisses sont là : manque de temps pour me renseigner, méconnaissance des implications de ce document, choix méticuleux et très astucieux par mon mari des paroles pour pouvoir plus tard en orienter la compréhension, connaissance largement supérieure de sa part des lois, etc.
Pourquoi a-t-on tenu compte d’une telle convention, manipulée en plus, puisque l’intention constante de la maman telle qu’elle ressort de toutes les autres pièces, y compris celles déposées par la partie adverse c’est de ne jamais confier la garde des enfants à ce papa jamais présent dans le passé et qui ne sait pas et n’a pas le temps de s’occuper de ses 3 enfants ?
A-t-on et si oui comment a-t-on examiné ce critère ?
Vous connaissez la décision : garde confiée au père
2) Enquête et contre enquête sociale qu’un juge pourrait ordonner : il n’y en a pas réellement besoin, puisqu’on ne parle pas de maltraitance dans ce cas mais uniquement de négligence.
Cela dit, le dernier de la fratrie souffre d’hyperactivité dans une forme allégée. Il a besoin de suivi constant, d’éviter des changements trop soudains. Les grands sont dans la phase difficile de la préadolescence/l’adolescence.
Dans les pièces versées au dossier figure une lettre de la psychologue qui suit depuis un certain temps le dernier de la fratrie. Cette lettre indique clairement l’effet néfaste des séjours d’été chez le papa qui n’applique pas du tout les consignes nécessaires au maintien de l’équilibre de cet enfant à besoins accrus en attention. La lettre indique également le résultat des entretiens avec les aînés quant à la décision de leur père de les soumettre à un retour en France sous sa garde et recommande un maintien de la garde auprès de la mère.
Cet entretien, demandé par moi, avait pour but de déterminer qu’ils prenaient bien une décision indépendante et ne subissaient pas une pression affective quelconque. Elle avait pour but de déterminer s’ils étaient matures, pouvaient objectivement regarder leur situation et juger d’eux-mêmes quelle orientation ils voulaient donner à leur vie.
Pourquoi ne tient-on pas du tout compte de cette étude ? Si on la mettait en doute, il aurait fallu demander une contre-expertise. Rien de ce côté-là
A-t-on et si oui comment a-t-on examiné ce critère ?
Vous connaissez la décision : garde confiée au père
3) « L’aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs »
Ce point doit être examiné avec minutie. Que veut dire l’aptitude à assumer ses devoirs ?
On semble considérer que c’est l’aptitude à payer des études dans une école privée, à les conduire d’un endroit à un autre, avoir l’argent nécessaire pour les mettre à la cantine tous les jours dans cette école privée et les condamner à l’avance à rester après l’école jusque tard pour pouvoir venir après les chercher la nuit tombant.
L’aptitude à assumer ses devoirs, ce serait l’aptitude pour un avocat associé à se dépêcher dans les aller-venues entre l’école du petit en France et celle privée à Genève des aînés. A quelle heure commencent les deux scolarités où – à moins d’un don d’ubiquité – on ne peut pas arriver en même temps avant que la cloche ne sonne des deux côtés.
On considère qu’un avocat associé dans un grand cabinet international, qui écrit des livres sur un sujet précis de droit, qui écrit des articles, qui est consultant auprès d’une branche du gouvernement suisse est apte « à assumer ses devoirs ».
Attendez, là. Réexaminons… On parle bien d’aptitude à assumer des devoirs d’un parent n’est-ce pas et non pas les devoirs d’un avocat associé ? On parle bien de devoirs matériels en temps et en efforts et non pas en argent ?
Quant à moi, je considère que c’est ce que j’ai toujours fait : donner du temps à ses enfants, les garder tous dans la même école, les laisser dans une scolarité française qu’ils ont toujours connu et leur apprendre en plus les autres langues qui sont celles de leur mère (anglais et arabe), rentrer plus tôt du travail et s’il le faut – comme je l’ai fait en démissionnant -aménager son temps de travail en se rendant compte que le petit demande plus d’attentions, accepter de toucher moins en étant son propre chef pour pouvoir donner plus de temps à ses enfants.
Manger avec eux, moi leur mère, le repas de midi avec eux à la maison. Leur permettre dans l’après-midi de jouer avec le chien, de se balancer dans le jardin, de faire les devoirs avec eux et de remplir de milles jeux les espaces creux.
Prendre le temps, moi leur mère, de manger un repas équilibré le soir avec eux. Avoir le temps de lire au petit dernier des histoires avant qu’il ne s’endorme. Passer du temps ensuite avec les grands à discuter des problèmes qu’ils pourraient rencontrer à l’école ou tout simplement prendre le temps de regarder tous ensemble un film jusqu’à ce que ce soit leur heure pour dormir.
Le père prétend dans le passé s’être occupé convenablement de ses enfants durant les absences pour raisons professionnelles de la mère. Des absences obligatoires puisqu’il fallait qu’elle travaille.
Les enfants témoignent que le père ne s’est pas occupé convenablement d’eux pendant cette période transitoire et qui était très petite dans l’historique de vie de cette famille. Des allers-venues, des voyages d’affaires pour un total de 163 jours entre février 2006 et juillet 2007. Rappelons que les enfants sont nés respectivement en 1997 et 1999 et que leur mère a tout sacrifié pour eux durant toutes les années précédant l’année 2005 où elle reprend intérêt à une vraie carrière – constatant que son mariage est en train de couler malgré tous ses efforts – réalisant qu’elle va devoir pouvoir, dans le proche futur, subvenir aux besoins de ses enfants elle-même.
A-t-on vraiment examiné ce critère-là avec l’approche qu’il convenait d’avoir ? Quelles conclusions devrait-on tirer de l’examen côte à côte de ces deux situations ? Les deux parents donnent des versions différentes quant à ce critère. Qui croire ? Une tierce personne ? Peut être les intéressés eux-mêmes : les enfants ? Le témoignage des enfants est-il pris en compte ?
A-t-on et si oui comment a-t-on examiné ce critère ?
Vous connaissez la décision : garde confiée au père
4) « respecter les droits de l’autre »
Je donne à mes enfants un ordinateur pour qu’ils puissent librement parler à leur père sur skype. Je leur donne des téléphones portables (aux aînés) et donne leurs numéros à leur père en l’enjoignant à leur envoyer des petits SMS dans la journée ou de les appeler quand il le voudra. Je tiens au courant mon ex-mari de tout ce qui se passe dans leur vie, lui indique le site internet de l’école où ils étudient, le renseigne sur les sorties, leur évolution, leurs livrets scolaires, les matières qu’ils maîtrisent, celles où il faut faire des efforts…
J’héberge mon ex-mari chez moi, à Dubaï, malgré le peu d’affection que je nourris à son égard car il est important pour les enfants d’avoir la présence du père dans leur vie. Je l’héberge sans discussion, une semaine ou plus, à chaque fois qu’il en manifeste l’intention – anniversaire de ma fille, anniversaire du dernier, tout simplement une envie qu’il manifeste sans autre raison – sans discuter, sans rechigner. J’estime que mes sentiments ne sont pas importants quant à cet accueil. Il n’y a que leur bien-être qui compte et je l’héberge donc, nous prenons des repas en famille, un semblant de normalité que je m’oblige à ne pas leur ôter.
Quand les enfants sont chez leur papa l’été, souvent mon rendez-vous du vendredi est oublié. Je souffre de ne pas pouvoir leur parler librement car le téléphone ne marche pas à l’international et ils ne peuvent pas m’appeler. Souvent quand j’appelle le téléphone semble sonner mais personne ne décroche et les enfants me disent, bien plus tard quand je les ai au téléphone, qu’il ne sonnait pas….
Qu’avait donc en tête le législateur en introduisant ce critère. Quel était l’esprit dans lequel le législateur l’aurait introduit ?
A-t-on et si oui comment a-t-on examiné ce critère ?
Vous connaissez la décision : garde confiée au père
5) Le juge « prend, bien entendu en compte les sentiments exprimés par les enfants eux-mêmes » mais « Le juge n’est pas lié par l’avis de l’enfant ».
Les enfants, une fille de 11 ans et demi, un garçon de presque 13 ans témoignent qu’ils ne veulent pas rester chez leur père qui n’est pas apte à s’occuper d’eux. Ils témoignent de l’absence de prise en charge du père, du peu de temps consacré à eux (durant une période de vacances alors qu’en dire de la période scolaire), de la saleté de la maison de leur père par rapport à la maison propre et bien tenue de leur mère, des conditions désagréables de leur vie chez leur père par rapport aux conditions agréables chez leur mère. Les enfants déclarent avec force qu’ils veulent être confiés à leur mère « où que ce soit » dans le monde. Une requête claire et limpide, une supplique que n’importe quelle mère comprendrait et même n’importe quelle femme, en attendant d’être mère, approuverait.
Ce critère-ci de prendre en compte le sentiment de l’enfant a-t-il été respecté ?
Bien entendu le juge n’est pas lié par le sentiment mais cette deuxième partie de la phrase dans quel contexte doit-on l’examiner ?
Sans doute dans le cas où une mère abusive est malgré tout aimée par ses enfants qui la réclament car la tendresse maternelle est ce à quoi tous les enfants aspirent. Probablement dans un contexte où l’enfant veut jouer de son influence, de manière creuse, pour obtenir une reddition sans condition de l’un de ses parents. Ou encore dans une situation où l’enfant choisit une situation dangereuse pour lui parce qu’il manque de discernement ou est sous influence. Rappelons que les enfants ont vécu un mois chez le père (par la décision même du juge de retarder l’audience, croyant le père qui hurlait à la manipulation maternelle) avant de donner ce témoignage fort.
Pouvait-on se laisser guider par cette phrase dans un contexte où on est en face à une mère aimante, exempte de vices tels que la drogue, l’alcool et même la fumée ? Dans un contexte où la mère n’a pas utilisé les tactiques courantes de la manipulation, soit à dire isolation totale de l’enfant, empêchement de contact régulier avec l’autre partie, etc. Toutes choses que le père fait sans cesse à chaque fois qu’il en a l’occasion. Dans quel esprit, le législateur aurait introduit ce critère ?
A-t-on et si oui comment a-t-on examiné ce critère ?
Vous connaissez la décision : garde confiée au père
Mon sentiment personnel est qu’aucun des critères n’a été satisfait à l’examen clinique des faits et encore moins à leur examen subjectif en ressentant la douleur des enfants dans toute cette procédure absurde sans parler de ma douleur de mère qui n’a eu de cesse de travailler sur elle pour assurer l’équilibre émotionnel des enfants malgré la rupture du divorce.
Force est de constater que cela ne semble pas l’intérêt des enfants qui est en jeu aujourd’hui mais uniquement l’intérêt d’un père à être proche de ses enfants. Cet intérêt s’exerce-t-il à l’exclusion pure et simple de l’intérêt des enfants eux-mêmes et de ceux de leur mère ?
Est-il raisonnable de penser que le législateur, en introduisant le droit paternel, avait à l’esprit que ce serait à l’enfant de supporter les conséquences émotionnelles et pratiques d’un père négligent et que ce serait à l’enfant d’être le parent de son père pour assurer le développement émotionnel de ce père ?
Je veux bien qu’en bon chrétien, on veuille désespérément aider quelqu’un dans une tentative de rédemption – pour autant qu’elle soit réelle, cette tentative. Mais qu’on se pose cette question : Est-ce aux enfants mineurs de veiller au développement émotif de leur père pénitent ou est-ce au père de veiller au respect de leur droit revendiqué à un développement émotif ?
Sommes-nous devenus les enfants de nos enfants pour que ce soit à eux de veiller à notre bien-être quand on se rend compte de notre folie de les avoir négligés et qu’on veut – soi-disant – faire amende honorable ?
Les enfants mineurs capables de discernement ont-ils, oui ou non, le droit de décider de quelle sera leur vie ?
A qui d’autre appartient la vie d’un enfant mineur intelligent, capable de discernement, qui choisit la vie saine et heureuse au lieu de l’annihilation de toute vie joyeuse.
Quelle issue pour un enfant sensible et intelligent qui, fier et confiant de son droit de choisir sa vie (l’aîné déclare « on a le droit de choisir. C’est notre vie »), se voit privé de ce droit ?
Quelles cicatrices cela laissera-t-il ? Quel espoir de confiance en soi et en la justice une telle décision peut-elle laisser ?
L’heure est venue de réexaminer les procédures de justice dans leur ensemble.
J’estime pour ma part qu’il y a lieu de revoir les quatre éléments suivants dont la revue devrait conduire à une meilleure application de l’esprit de la loi et de la justice dans des situations difficiles de choix de la résidence des enfants.
1) Dans l’examen des conventions rédigées par les parents, il y a lieu d’appliquer l’exigence que
- elle soit constatée par un huissier de justice ou pour le moins par une tierce partie indépendante afin d’éviter toute falsification ou mesures de rétorsion
- que les droits des deux parties signataires soient clairement respectés et ceci par l’apport – dans le contexte de cette convention – de la preuve matérielle qu’aussi bien le temps nécessaire à une véritable réflexion quant aux implications de ce document, que l’information permettant une prise de décision instruite et raisonnée, existaient au moment de la signature de la convention
2) Dans l’examen du critère du contexte social, qu’on ne se limite pas à la définition d’une situation d’abus, de maltraitance, de familles à contexte social difficile, mais qu’on se penche également, par texte de loi intégré, sur la question des enfants atteints de problématiques demandant une certaine sorte de prise en charge (hyperactivité, trisomie 21, dyslexie, etc.). En cas de présence de l’une ou de l’autre de ces symptomatiques constatées dans les pièces du dossier, que le texte de loi oblige à une enquête étendue quant aux diverses modalités de prise en charge prévues par les deux parents.
Il est vital que ce critère ait un caractère plus fort que les droits paternels ou maternels sur l’enfant lui-même ou sur le reste de la fratrie et ceci quel que soit l’âge de l’enfant.
3) Dans l’examen de l’aptitude à assumer ses devoirs et de respecter les droits de l’autre parent, le texte législatif devrait non seulement préciser qu’il s’agit d’autres choses que des devoirs matériels financiers mais qu’il s’agit très clairement aussi du devoir d’un parent aimant et de son aptitude à sacrifier sa propre carrière pour être au service du bien-être de ses enfants. Le respect des droits de l’autre devrait être mieux documenté et catégorisé afin d’inclure une procédure non seulement judiciaire mais également policière de déterminer si ce droit de contact a été respecté.
Une idée de « hotline » ou permanence téléphonique urgente, mise à disposition des enfants privés de contact avec leur parent – à défaut d’un suivi plus soutenu de visites d’une assistante sociale pour la revue du respect des droits – pourrait aider comme mesure extrajudiciaire à éviter les dérives et les manifestations de force entre les parents.
4) Dans la prise en compte du témoignage des enfants mineurs et de la liberté laissée au juge de ne pas en tenir compte, des critères très précis pour l’absence de prise en compte devraient être légiférés afin d’éviter de potentielles dérives humaines.
Par ailleurs, la loi devrait évoluer pour accorder aux enfants mineurs le droit de choisir leur vie s’ils produisent un témoignage plausible et qu’ils sont manifestement capables de discernement. Cette capacité de discernement doit faire l’objet de législation sans équivoque.
Il y a également lieu de modifier les provisions de loi existantes pour faire en sorte qu’un témoignage éclairé d’un enfant responsable et mature, même s’il n’est pas partie à la procédure mais simplement témoin, soit un fait déterminant dans la procédure de garde même, toutes choses égales par ailleurs.
On ne voudrait évidemment pas laisser les enfants choisir de se mettre « dans la gueule du loup » mais à part ces situations extrêmes dont il faudra tenir compte avec les garde-fous nécessaires, il y a lieu de donner une plus grande importance au témoignage d’un enfant mineur mature. Il serait peu raisonnable – voire quasiment inhumain – de forcer l’enfant à limiter ses droits au cadre d’une procédure qu’il doit lui-même initier tout en étant sous le joug d’un parent avec lequel il est obligé par malchance de vivre et qui ne lui donne pas les moyens objectifs de maintenir sa volonté libre indépendante de toute pression ou manipulation – qu’elle soit physique, mentale, ou les deux.
Il serait déraisonnable de demander à un enfant mineur – ayant déjà témoigné dans le cadre de la procédure qui opposait les deux parents – de devoir de nouveau s’élever et demander une révision de son cas.
En effet, il est peu probable que – sous le joug du parent dont il ne voulait plus et contre l’influence duquel il n’existe pas de procédures de surveillance indépendantes judiciaires ou extrajudiciaires – et en plus ayant déjà essuyé un refus de son droit de choisir sa vie, un enfant mineur prenne l’initiative de chercher encore à changer sa situation.
La seule chose qui pourrait motiver cet enfant, ce serait une maltraitance insoutenable ou une souffrance émotionnelle intense, trop difficile à vivre. Le législateur veut-il limiter le choix des enfants mineurs aux cas extrêmes d’une telle situation d’agonie ou veut-on enfin se rendre compte que le droit au choix d’une vie commence dès qu’un enfant est capable de discernement ?
Pour clore ce débat épineux, je voudrais apporter un avis d’un poète que j’admire beaucoup, Gibran Khalil Gibran, et qui dit des choses très vraies sur le rapport entre parents et enfants. Ce poète, comme moi, revendique le droit des enfants à une vie qui leur est propre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La première chose que j’avais demandée aux enfants avant de rentrer dans cet enchaînement de procédures est « Que voulez-vous faire maintenant que papa veut que vous rentriez vivre avec lui ». Leur réponse était claire : « Maman, on veut vivre avec toi, c’est clair. Dubaï c’est bien mais si tu veux aller ailleurs ce n’est pas grave. L’important c’est qu’on soit ensemble tous les quatre » :
I fight to keep and nurture a better me
21 August 2010
I resolve everyday to fight
To be, remain, full of light
Darkness to darkness
Just increases duress
But from darkness light
Makes the world bright
…
So I fight temptation
No hate, no alienation
Love for every nation
No violence instigation
Just truth to remind
To provoke every mind
…
If Justice is Blind
We’ll guide from behind
Just wishes for change
If laws, unjust, derange
My plane and others
Should I lose feathers
…
A vow I’d like universal
Action without rehearsal
A path behind the Mahatma
Renewal of his Satyagraha
Be, remain, a better person
Sing, love the world in unison
http://www.youtube.com/watch?v=XN6wfk46r4k
It is not always easy but it is the only path worth walking
And I walk, I walk, although I sometimes stumble balking
When my eggs, mine, their yoke they take, fingers raking
Insides, scorched walls of my chest of love in the making
http://www.youtube.com/watch?v=V5lRD6rX7eo&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=-q7qAZtrqyQ&feature=related
I listen endlessly lest I forget
That this mine tragedy would let
Love be blinded by hate and regret
I await God’s justice, I shall not fret
Ma liberté de double colonisée, ma liberté bafouée
Paul, de ta France, donne moi tes cahiers d’écolier
Paul ta belle France a oublié ma liberté
19 août 2010
…
France très chère, France oubliée de mon enfance
France de ma nouvelle, si douloureuse conscience
France de mon éperdue et tant vraie inconscience
France devenue si tristement enfin l’intolérance
…
Tu peux à la discussion sur notre dieu, le tien, appeler
Et moi, Bomboula, doit me taire, souffrir et écouter
Les débats ouverts ce n’est pas pour moi, ta liberté
Débats ouverts sur les dieux c’est permis, tous Athées
…
L’image de notre prophète, comme d’autres dénigrée
Tu acceptes ces débats-là, tu ne t’en es pas privée
Mais gare si Bomboula, idiote, doublement colonisée
Ose se mettre encore à penser, réfléchir et s’exprimer
…
Je ne pourrai jamais sur le terrain de la justice m’aventurer
Contrairement à tous les Dieux, les toqués sont tant protégés
Si je décrie l’injustice et contre elle veux me manifester
On me dit menaçant avec superbe, tu te tais ! Tu te tais !
…
France, pas si douce, il y a de ça longtemps tu as déjà envahi
De mon enfance perdue, ma douce et lumineuse Pondichéry
Sans oublier de faire un crochet via ma belle et verte Tunisie
Aujourd’hui, douce France, tu peux venir me réclamer la vie
…
France tu suis maintenant, relookée, de nouvelles idoles
Et les vieux dieux, l’esprit faut-il que, tous, on les immole ?
La liberté, oui, mais seulement si c’est contre d’autres sols
Parce qui s’il s’agit de toi, prison et amende vite tu colles
…
France, tu te disais liberté, patrie des droits de l’homme
Mais à nous liberté tu nies, pauvres bêtes de somme
De liberté privés, on devrait simplement faire tout comme
Si tu nous en donnais, cela, France, hypocrisie on le nomme
…
France dis-le moi si tu veux, dis-le haut et fort si tu peux
Combien pour un blasphème contre le tien, le mien de Dieu
Parce que tes magistrats coûtent vraiment la peau des yeux
Quand j’apprends cela je reste figée, le teint peint crayeux
…
France dis-le moi ma belle, dis-le maintenant si tu l’oses
Ma vision est à présent claire, je n’ai plus mes lunettes roses
Mon ouïe portée vers toi, veut entendre ces mots moroses
Combien pour un Dieu ou prophète, derrière portes closes
…
Parce que je me rends compte, France, magistrats tu protège
Plus encore que nos dieux, quel étonnant et drôle de manège
Homme de la rue magistrats critiquer ? Il n’a plus ce privilège
France ta liberté comme ton système de justice se désagrège
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Qui l’eût cru, ma France, j’apprends lasse, ma mésaventure ?
Dieu vient, en rang, juste un peu derrière la magistrature
Quand au prophète (SAWS), il est vraiment en mauvaise posture
Car je crois que dans son cas, c’est deux poids, deux mesures
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Il ne te reste donc plus que ta garnison de soldats envoyer
Prendre à corps mon corps et déchiqueter ce cœur enragé
Pour physiquement me faire encore outrage et me violer
Ce corps las et mourant dont l’esprit vous voulez écraser
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On peut de notre prophète reproduire libre des images
Et on nous demande à tous d’avoir un peu l’esprit large
Et tant pis si elles choquent, tant pis si c’est en marge
Ils s’en offusquent ? Fous de dieu, musulmans barges!
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Mais si jamais toi, ton système d’injustice, mère, je décrie
Tes foudres encore, moi, sale petite Bomboula, j’essuie
Allons enfants de cette incroyable et hypocrite patrie
Criez avec elle, votre France, Veni, vidi et surement vici
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Mon esprit, d’ancienne colonisée affranchie, est tant avide
D’une lointaine redécouverte, une réelle et vraie liberté
Qu’on puisse sans subir des foudres, sans devoir être livide
Réfléchir, discuter, débattre et vraiment tout exprimer
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De ma demeure, qu’on affuble de sobriquets, désert aride
On pourrait cent fois se gausser et mille fois se moquer
Ma c(o)ul(eur)ture on peut, sans un égard, qualifier de vide
Je ne peux ni m’en offusquer, ni contre l’insulte m’insurger
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Car, oui, il suffit que je m’insurge et parle de ton hypocrisie
Il suffit que je dise, France je t’oublie, France je te renie
Et ne voilà-t-il pas que crime pénal j’aurais, moi, commis
Et tu prendrais donc, sans cil battre, six mois de ma vie
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Je n’aurais donc, Bomboula insignifiante, aucun refuge
Je n’aurais pas de droits, ni même le droit de m’exprimer
Si d’autres fautent, chez toi c’est de pensées le déluge
Tes intellos à la mode, peuvent contre eux se déchaîner
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Si j’ose essayer de m’exprimer, écrire en public qu’on méjuge
De prison, un an, d’amende, milliers d’euros, je suis menacée
Prends donc ma peau, et ces pierres ramasse, Vlan ! Adjuge
Il ne te reste plus, comme d’autres le font, qu’à me lapider
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Doubles standards, droits de penser, aux autres on gruge
Qu’à ses penseurs, que contre les autres, on veut réserver
Eh bien non ! Moi, Bomboula, encore et encore, je m’insurge
Vous n’aurez donc plus qu’à venir me prendre et m’enchaîner
Douce France, parfum rance de mon enfance
France je te renie, bleu, blanc, rouge, je t’oublie
18 août 2010
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J’aime de ta couleur, les nuances bleues saumâtres
France que, de mon exil, je me mets à observer
Plongeant mon regard avide dans tes eaux verdâtres
France, de ta Seine, j’ai tant parcouru les Quais
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France, que j’aimais ton teint de colombe albâtre
France, au rang de Sainte, ta justice j’avais élevée
France de mon cœur qui, rouge, pour toi fut un âtre
France, que mon père, de Pondichéry, nous chantait
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France, ta justice, ouvre nos veines rougeâtres
Tes sillons, de nos sangs impurs, tu veux abreuver
France, tu renvoies vite à leur déconfiture ces pâtres
Indiens, Arabes, Musulmans, peuples tant décriés
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J’aime que tu n’aimes pas du tout ma couleur jaunâtre
Car ce sont autant de raisons pour, enfin, me donner
Une raison pour refuser tes relents fort douceâtres
France que j’aimais, France que j’ai enfin oubliée



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