Expire

21 janvier 2011 (réponse)

O cieux peu cléments pour un lointain avenir

 Tristes sont les rois mages

Leurs présents pendant comme des veines éclatées

De tant de déserts de sables crient qu’on puisse ouïr

Le cri de dingos

Le bastion dernier que yeux mourants repèrent

Une joie éphémère

Dans pierres en carrière

Un moment de psaumes de joie infinie

Un relent de vie

Marée emporte loin le plus puissant navire

Les vagues déferlantes meurent grondent

S’écrasent vent en poupe sur sombres rivages

L’enclume en ancre pour dormir de jour en nuit gémissant

Le rêve revient en rousse lune bruinant sur soir de brune

O arbre bordant le tourment nocturne

Arbre de sagesse, confins de nos mémoires vendues

A nos heures révolues

La joie d’hier s’en va, germe de spleen la culbutant

Mémoire éphémère, enfouie dans mon cœur

Songe d’une nuit passée à éviscérer abats

Tort raie son hier

 Ame baluchon, cœur en bandoulière

Pieds vaquant en sinistre route esprit las

Un pas devant l’autre à l’endroit du trépas

Grow me, know me, show me, stow me

19 January 2011

Grow me, know me, show me, stow me

Grow me

Like the leaves on treetops I shall reach out

Like ramblings of a madman hear me shout

Like drooping willows shoulders ne’er stout

Like a budding flower this calyx I shall flout

 ◊

Grow me

I hear rains in yonder desert that scalds all

I see pains in the eyes that heart will recall

I feel winds on arid plain at my heart’s stall

I know I may lose grip before the mighty fall

 ◊

Know me

Like the blood scourging through my veins

Like the ache wandering out of my remains

Like the learned scholar who ignorance feigns

Like the burst in a bubble where fear reigns

 ◊

Know me

I call to your heart what forgot your mind

I hear from your eyes we’re one of a kind

I fear from your lies that doom will us find

I fall from your rise with all you left behind

◊ 

Show me

Like a puppet moving on some broken strings

Like a fallen angel with hammered-on wings

Like a remembrance of the forgotten things

Like the twist in my heart when memory sings

◊ 

Show me

I want to feel like a tomorrow never comes

I want to reinvent those mathematical sums

I want to hear what every dumb man hums

I hope even the deaf hear my heart’s drums

 ◊

Stow me

Like a precious stone that will never break

Like ember in my soul when again I’ll wake

Like the darkness of coal in every mistake

Like the water in the crystal of a snowflake

◊ 

Stow me

I will pile into myself like some sliding mud

I will drop down on my slices with eerie thud

I will flow into my waters like a raging flood

I will fold as a smothered flower never to bud

 ◊

Le discours de Ming-Hoa

Quand Ming Hoa dut affronter le regard de Chow, il sentit comme un froid glacial le transpercer et dut regarder ailleurs. Elle savait certainement ce qui s’était passé et cherchait à le rendre fou. Il avait pourtant essayé de réparer son erreur en assurant des funérailles en grande pompe à Cuifen mais rien n’y fit. Il lui sembla que Chow était un démon résolu à traquer la moindre parcelle de sanité chez lui dans une frénésie de vengeance. Non seulement elle était parfaitement au courant et voulait lui faire perdre la tête en lui donnant la place d’honneur mais en plus elle le narguait ouvertement en l’obligeant à effectuer l’oraison aux morts.

Ming Hoa n’était pas particulièrement superstitieux mais il ne pouvait empêcher de penser aux vieilles légendes qui racontaient combien le défunt restait auprès de celui qui en avait fait l’oraison tant que ce dernier gardait encore des sentiments pour lui. Or Chow devait connaître l’intensité de ses sentiments pour Cuifen et voulait donc qu’il souffre éternellement car Cuifen ne le quitterait jamais et il serait hanté pour toujours par le pâle éclat de sa face lumineuse. La fièvre le saisit de nouveau malgré le vent hivernal qui s’engouffrait dans le temple. Il se leva, se mit en face de l’assemblée et s’éclaircit la voix.

« Cuifen était une très gentille et douce jeune fille » dit-il. « Elle avait la beauté de celles qui n’ont pas besoin d’artifice et dire qu’elle était belle serait un euphémisme car elle était resplendissante ». L’image de Cuifen, les yeux mi-clos l’observant lui apparut devant les yeux et il crut défaillir. « Au commencement », poursuit-il, « je ne me rendais pas compte de combien elle était gentille. C’était une fille formidable qui n’hésitait pas à aider Ju-Long, le neveu d’Eu-meh à l’écurie pour que nous ayions tous des chevaux en bonne santé pour porter le courrier». « Elle était belle », reprit-il.

Cuifen avec son petit bandeau de velours qui lui retenait les cheveux, Cuifen avec sa frénésie de vivre, Cuifen dont les couches successives de vêtements lui avaient fait penser à des matriochkas Cuifen qui s’était refusée à lui en le traitant de rapace. Cuifen qui gisait morte à ses côtés…

Il n’avait jamais compris exactement comment c’était arrivé. Un instant il la tenait tandis qu’elle lui infligeait une douleur vive en lui tirant son catogan soigneusement noué dans sa nuque et l’instant d’après elle gisait morte à ses côtés. Depuis ce jour, le monde autour de lui s’était coloré de gris et il avait vaqué à ses occupations comme une âme en peine, nyctalope condamné à ne plus voir d’autre couleur que l’éclat de malachite qu’avaient les yeux de Cuifen quand elle souriait. Une autre couleur aussi l’obsédait parfois quand il s’autorisait une pensée à ce coquelicot fait de trois grosses taches qui venaient carminer son pantalon blanc immaculé : rouge sang ! Il s’était demandé en se réveillant avec Cuifen morte à ses côtés par quelle mystérieuse pathologie il se trouvait comme atteint d’encoprophagie voulant consommer la moindre particule de sang qui s’écoulait de lui, un peu comme pour se régénérer en autosuffisance. Cependant il s’était très vite aperçu que le sang ne provenait pas de lui mais d’une petite blessure dans la tempe de Cuifen. Un petit trou fait par un objet qui semblait assez contondant et qui avait la forme d’un petit coquelicot de profil. En buvard humain, Ming-Hoa aurait voulu absorber la moindre goutte de sang qui s’était écoulée hors de Cuifen.

Saperlipopette, se dit-il. Pourquoi l’avait-elle donc refusé ? C’était totalement incompréhensible après ces quelques semaines où il avait pu observer combien elle cherchait à l’aguicher. En plus il avait bu une décoction de clous de girofle et avait donc très bonne haleine quand il lui avait parlé avant sa mort. C’était sans doute la xénophobie envers les vieux notables de son espèce qui avaient vécu dans le faste tandis que les autres avait connu la pauvreté d’un foyer simple. Quand il avait été muté après la révolution dans son ancien quartier pour la restructuration du vieux bureau de poste, il avait su qu’il s’exposerait à des railleries puisque beaucoup de personnes dans le quartier ne l’avaient jamais accepté comme un des leurs.

Ju-Long observait Ming-Hoa avec des yeux remplis de haine. Pour lui le vieux fou était une anomalie et une aberration de la nature dont il se passerait bien. Il trouvait que son corps faisait penser à une illuviation où une chair putride aurait rempli le rôle des sédiments et le sang fétide le rôle des eaux s’infiltrant dans sa vieille carcasse. La peau du visage de Ming-Hoa était en effet tellement ridée qu’on aurait dit des strates d’origine non identifiée. Il pensa au rôle que jouait maintenant le vieux scrognegneu dans les funérailles de Cuifen et la jalousie lui causa un pincement au cœur. Il sentit monter en lui une envie irrésistible de poser ses mains autour du cou ridiculement mince de Ming-Hao et de serrer jusqu’à ce que ce dernier ne puisse plus proférer une parole.

Eu-meh observa craintive son neveu. Il lui semblait qu’il détestait Ming-Hoa plus qu’elle-même ne pourrait jamais détester une autre personne. Elle n’avait jamais pu accepter les discours grandiloquents de ce vieux fou et comprenait qu’on puisse ne pas l’aimer. Cependant, quelque chose la gênait dans la colère de Ju-Long. Elle avait l’air d’une colère froide et meurtrière. Elle regarda longtemps son profil avant de détourner son regard. La nuit de la mort de Cuifen, il était rentré les yeux hagards, ceints de cernes mauves. Sans un mot il avait pris un des berlingots restés sur la table du mariage de sa cousine et l’avait avalé d’une traite. Elle se souvint de la fureur noire qu’elle avait lue dans ses yeux quand son regard avait croisé le sien dans le miroir.

◊ ◊ ◊

Lire ici la première partie: Le passage

Dawn – Aube

16 January 2011

Dawn

Crimson lights the dark

Of night now become less stark

Pink stripes in the air

Your wake finds me unaware

Behind you will come the glare

Shimmer of a moon

Dying through the waning night

Covered by sun soon

You rise lightly in my eyes

Dawn, you soften all my cries

16 janvier 2011

Aube

Noir qu’éclaire vermeil

Diluant l’obscur de nuit

Rayures rose dans l’air

Ton réveil tant me surprend

Après toi l’éblouissement

Scintillement d’une lune

Mourant dans nuit en déclin

Couverte par soleil

Tu te réveilles en mes yeux

Aube, adoucis mes aveux

Shall I tell you?

Shall I tell you ?

14 January 2011

Shall I tell you now how it felt

With wasted robes clinging

On a body that would melt

With a sinister chest singing?

♦ 

Shall I tell you now how I dealt

With those echoes once ringing

Of bodies yonder that had smelt

Summer scents winds bringing?

♦ 

Shall I tell you now how I knelt

In solemn faith yet again praying

While the stones on me did pelt

The other cheek goes the saying?

♦ 

Shall I tell you now how I tried

To adapt to a world so changing

With a bosom that much sighed

Of nature’s order one deranging?

 ♦

Shall I tell you now how I cried

Of a stray, lone, lost fledgling

Like an orphan, infancy denied

A heart multiple beats failing?

♦ 

Shall I tell you now how I died

From low ugly blow still reeling?

A glimpse in corpse they pried

Open my soul lay all revealing

Insomnie – Insomnia

11 janvier 2011

Insomnie

Vent soufflant dehors

N’emporte pas la noire nuit

Lune fatiguée sort

Sueur ruisselle sur mon corps

Mon oeil figé point ne dort

11 January 2011

Insomnia

Wind blowing outside

Breaks not dark black of the night

Tired moon astride

Sweat flows from every side

Glassy eye sleep does not ride

Le passage

Cuifen pressa le pas. Il commençait à faire nuit et sa mère, Chow, lui avait tant parlé des dangers de la rue la nuit pour une jeune fille que désormais son pas se fit presque désespéré. Elle se demanda comment elle avait pu perdre autant de temps entre le vieux scrogneugneu de Ming-Hoa à la poste et ses rêveries devant la vitrine de la pâtissière Eu-meh. Ming-Hoa parlait désormais un mandarin révolu que personne ne parlait plus et il fallait vraiment se concentrer pour comprendre ses phrases si alambiquées. En plus cet homme était un mégalomane absurde qui vivait encore dans sa tête – plus tout à fait normale de l’avis de Cuifen – au temps de sa jeunesse et entendait que les jeunes eussent le respect dû à son rang de notable d’autrefois. Il racontait comment il avait joué au golf avec l’ambassadeur britannique et que l’ambassadeur le complimentait sur sa technique remarquable, combien de poètes se pressaient sur le pas de sa porte pour pouvoir réciter à ses banquets des odes et poèmes composés à sa gloire. Il semblait oublier que depuis la révolution, plus rien n’était pareil depuis des décennies et que les babebines dédiées autrefois à sa gloire n’avaient plus lieu d’être aujourd’hui. D’ailleurs on n’écrivait plus du tout de poésies à l’honneur des notables ni même à l’honneur des jeunes filles au teint de porcelaine dont les louanges étaient chantées autrefois en mille vers. Ces jours les titres d’autrefois ne voulaient plus rien dire et elle ne comprenait pas pourquoi sa mère l’obligeait toujours à s’agenouiller pour parler à Ming-Hoa et à ne jamais lui tourner le dos pour sortir plutôt à reculons de la pièce. Il n’était plus notable et exerçait une fonction de clerc mal payé dans un petit bureau du quartier. Cela dit, sans son aide, il est vrai que rien de volumineux ne pouvait être envoyé puisqu’il devait parapher tout envoi volumineux lui-même. Ainsi, si sa mère et elle-même voulaient vendre leurs broderies aux riches clientes de la ville, il fallait pouvoir envoyer les colis à leur tante qui se chargeait ensuite de la vente individuelle. La plupart du temps Cuifen et sa mère travaillaient et allaient effectuer le dépôt du colis ensemble mais aujourd’hui sa mère avait beaucoup à faire et l’avait chargée de l’envoi. Cuifen détestait aller toute seule dans le petit bureau de poste exigu car Ming-Hoa avait malgré son grand âge des yeux chercheurs dont la lueur ne lui plaisait pas du tout. Elle avait déjà vu cette avidité dans le regard des jeunes garçons qui essayaient d’attirer son attention quand elle se déplaçait sans sa mère mais chez ce vieil homme, la lueur prenait une intensité qui la rendait particulièrement mal à l’aise. D’autant que ce vieux scrogneugneu n’arrêtait pas de scruter son visage même quand elle surprenait son regard au lieu de détourner son regard comme le faisaient les jeunes quand elle les surprenait. Aller chez Ming-Hoa était un tel supplice – avec ce thé vert horrible d’autrefois qu’il les obligeait à boire avec sa mère – qu’il lui fallait toujours après une petite consolation et quoi de mieux que les pâtisseries de Eu-meh en effet. D’habitude elle buvait d’une traite l’horrible breuvage vert en lançant un regard noir au vieil homme avant de lui rendre sa tasse avec un regard assassin afin qu’il ne soit pas tenté de lui en offrir encore. Après, il y avait toujours en prime la consolation d’une petite douceur chez Eu-meh. Mais aujourd’hui elle avait perdu trop de temps à choisir une gourmandise – un petit gâteau sec de farine de riz avec du sucre en poudre et des petits grains de sésame sur le dessus –  et elle se retrouvait donc à rentrer à cette heure tardive. La plupart de la route était illuminée mais il y avait un passage sombre qu’elle devait traverser pour rentrer chez elle. Il n’était pas très loin de la maison et s’étendait seulement sur une distance de 800 mètres mais elle n’avait jamais osé le prendre la nuit parce qu’il avait un aspect sinistre quand toutes les boutiques y étaient fermées avec seuls quelques volets qui claquaient au vent. Elle avala sa salive, redressa la tête et s’engouffra dans le passage en priant Bouddha pour que rien ne lui arrive.

Ming-Hoa, assis dans un creux derrière un des piliers du passage, observait la silhouette frêle de la jeune fille qui s’approchait se détachant contre la lueur des réverbères. Elle avait beaucoup grandi et était devenue une véritable beauté désormais. Il se souvint de combien il avait été frappé par son teint de porcelaine et ses grands yeux à la lueur verte pailletée avec des petits éclats sombres qui le faisaient penser à une malachite brute. Sa beauté n’avait besoin d’aucun artifice et même s’il se disait que son teint serait encore plus relevé par cette poudre de riz que savaient si bien appliquer les geishas autrefois, il lui semblait que c’était déjà un tel délice à observer. Il lui semblait que les sentiments qu’il gardait en lui depuis si longtemps avaient trouvé quelque résonance dans le cœur de la jeune fille car dernièrement elle soutenait avec insistance son regard comme pour l’encourager à aller plus loin. D’ailleurs, il avait observé comme elle buvait le thé qu’il lui servait. Normalement, une jeune fille timide y trempe à peine les lèvres mais Cuifen, elle, buvait avec délectation et sensualité toute la tasse et quand elle la lui rendait ses yeux lui lançaient comme un défi de lui offrir autre chose. Assez tergiversé, se dit-il. Aujourd’hui, il allait lui déclarer sa flamme à la faveur de l’obscurité de ce passage dont la complicité servirait à combler le gouffre des années qui le séparaient de la jeune fille. Cette pensée lui donna de l’espoir et il bondit d’un pas félin hors de son observatoire.

Cuifen, les lèvres pressées dans une prière silencieuse, accélérait le pas pour finir de gravir la distance qui la séparait de la sortie du passage quand une silhouette bondit devant elle de derrière un des piliers. Elle émit un cri étouffé et eut un moment de panique avant de se tranquilliser en reconnaissant – à l’odeur plus qu’aux traits qu’elle distinguait à peine dans le noir – le vieux Ming-Hoa. Elle fit quelques pas rapides vers lui pour lui proposer de l’accompagner jusque chez elle mais quelque chose la fit ralentir. Elle nota une différence avec le vieux derrière son bureau. Son pas en sortant de derrière le pilier avait quelque chose de plutôt rapide et mal adapté avec son visage de vieillard. On aurait dit plutôt un félin traquant sa proie. Elle s’arrêta net. Les dents de Ming-Hoa, éclairées par quelques lueurs orphelines des réverbères bordant l’entrée du passage luisaient dans l’obscurité d’un éclat irréel.

Chow regarda avec un œil morne le catafalque où reposait le cercueil de sa fille. Cuifen était si belle qu’il lui semblait impossible qu’elle gisait là morte. Elle se souvint du moment fatidique où la voisine accompagnée de Eu-meh étaient venues lui annoncer la nouvelle. Cuifen avait été retrouvée morte dans le passage à côté de la maison. Chow, une femme forte aux épaules abaissées par des années de travail manuel, ne ressemblait en rien à sa fille. Elle avait un teint buriné par le soleil et ses yeux noirs étaient aussi inexpressifs que ceux de sa fille avaient été animés. Elle regarda sa fille étendue et pour la première fois ressentit comme un pincement au cœur de ne lui avoir jamais dit combien elle comptait pour elle. D’un coup, toute sa rudesse légendaire disparut et ses voisins furent surpris de voir de grosses larmes couler sur ses joues. Visiblement elle n’était pas la seule qui souffrait car à ses côtés Ming-Hoa aussi semblait pris d’une détresse qui faisait peine à voir. Il bredouillait quelque chose sous son souffle comme une litanie et ses yeux fiévreux étaient remplis de larmes. Chow posa la main sur la vieille main fripée du vieillard pour essayer de le calmer. Il avait été si généreux de vouloir ainsi faire enterrer Cuifen en grande pompe avec un catafalque en forme de dragon et un sépulcre fait de marbre, comme si elle avait été la fille d’un notable. Chow regretta les moments où elle avait pesté intérieurement contre le vieillard quand il commençait à divaguer sur les fastes d’autrefois et se dit qu’on jugeait parfois vraiment mal les gens. Elle ne s’était jamais rendu compte de combien son cœur était grand et combien lui aussi aimait Cuifen comme si elle était sa propre fille. Pour récompenser son geste généreux, elle voulait qu’il soit le seul à parler de Cuifen pour l’oraison aux morts normalement réservée aux parents de la défunte. Elle avait été initialement surprise qu’il refuse mais attribua ceci à son grand cœur qui ne voulait aucune récompense pour sa générosité donc elle insista et Ming-Hoa accepta en ayant le bon goût de sembler le faire avec contrition.

Le moment de l’oraison était venu. Ming-Hoa la regarda d’un air étrange comme s’il voulait lui dire quelque chose mais se ravisa et alla devant l’assemblée pour délivrer son oraison. Il se redressa et s’éclaircit la voix.

◊ ◊ ◊

Lire ici la deuxième partie: “Le discours de Ming-Hoa”

Dead white

Dead white

5 January 2011

Beads of sweat dripping

Weight of years of misery

A pigeon singing

Peace in the bitter cold night

Would a heart finally find?

≈ 

The white shroud falling

Lost is the joy once to be

In death’s prevailing

Disappearing in dead white

With no destiny in mind

Jour blanc

Jour blanc

5 janvier 2011

 

Perles de sueur tombent

Poids des années de misère

Sur une joue palombe

Paix dans le froid mordant cru

Un cœur pourrait-il trouver ?

Le blanc suaire tombe

Perdue est la joie d’hier

Marche en catacombes

Sous voile blanc je ne suis plus

Je n’ai plus de destinée

Dead bird

Dead bird

4 January 2011

One grey autumn day

A bird falling from his nest

Plodded along hurt

I watched him helplessly die

Unable to make him heal