Lune espère Soleil

24 mars 2011

Lune espère Soleil

 

La lune flotte en mire

Phare en pleine puissance

Clair de lune soupir

La lune de grue soulevée

Me veille muette et fanée

◊ 

Un œil de tigre voit

D’un reflet d’iridescence

Dans mon être émoi

L’espoir griffe cœur écarlate

Je me flétris sous sa patte

 ◊ 

L’équilibre bougeant

Soleil veut Lune de bon sens

Sa pâleur ôtant

Soleil m’écorche figure frêle

Je me promène en sa grêle

The Moon hopes the Sun

24 March 2011

The moon hopes the sun

 

The moon floating high

Lighthouse of significance

Lights night with a sigh

The moon lifted by a crane

Sits above me still and wane

◊ 

A tiger eye looks

With eerie iridescence

At my tremors’ hooks

Hope grips my heart like a claw

I wither under its paw

 ◊

 The balance then moved

Sun takes of moon no nonsense

Its wane light removed

Sun glares at my figure slight

As I wander under plight

 ◊

Toi et moi en opposition

20-21 mars 2011

Toi et moi en opposition

 

 ◊

Je suis ton noir diable et ton doux ange

Je suis le blanc connu et le noir étrange

J’initie ton débat

◊ 

Je suis ton soutien et ton cinglant refus

Je suis le sûr maintien de ton être confus

Je suis ton combat

◊ 

Je suis ton crime et ton juste châtiment

Je suis l’écho de ton las atermoiement

Je trace tes pas

◊ 

Je suis ton bien unique le plus précieux

Je suis ton mal inique et le plus vicieux

Je suis ton trépas

◊ 

Je suis toute ta vie et je suis ton creux rien

Je suis ton jeu de feu et ton dur d’airain

Je suis en ton toi

◊ 

Je suis ton refuge et par moi tu t’écroules

Je suis ta douceur et la violence de la houle

Je suis ton toit

◊ 

Tu es mon bourreau et mon beau sauveur

Tu es mon chuchotement et ma clameur

Tu es ma voix

◊ 

Tu es mon fort pilier et mon chemin glissant

Tu es ma douce paix et mon souffle lancinant

Tu es ma voie

◊ 

Tu es mon désert aride et ma verte prairie

Tu es mon trou noir et ma blanche saillie

Tu es mon ouléma

◊ 

Tu es mon trésor caché et ma perte flagrante

Tu es mon cœur brisé et ma raison délirante

Tu es mon schéma

◊ 

Tu es la soif qui m’étreint et l’eau qui l’étanche

Tu es ma triste défaite et ma plus belle revanche

Tu es toute ma foi

 ◊

Tu es celui qui marche et qui piétine en mon œil

Tu es la vie qui se crée et la plongée en cercueil

Tu es cela parfois

 ◊

Sens à sillons

18 mars 2011

Sens à sillons

 

Sens

L’odeur de la pluie de ce printemps

J’ai en mon cœur vingt et vingt ans

J’ai attendu de rencontrer le temps

J’ai oublié de compter si longtemps

J’ai frappé aux portes de ces instants

Et n’ai récolté que les sables d’antan

Sens à sillons

◊ 

Sans

La senteur de ton cœur vif au soleil

Le goût cerise de ton baiser vermeil

L’éclat de tes yeux à nul autre pareil

La douceur de ton souffle à l’oreille

L’écho de tes six sens tous en éveil

La moiteur de ton corps au réveil

Sans sa scie ont

◊ 

Cent

Pas que je fais sur ces bois ardents

Bûches qui s’enflamment chiendent

Bulles qui s’échappent de l’évident

Cris qui grouillent en moi stridents

Crissements tolérés par mes dents

Grignotements en tripes trépidants

Cent sas y ont

◊ 

Sang

Que je quitte sans qu’il m’en vienne

Qui s’écoule sans cesse de mes veines

Que j’aperçois se répandre souveraines

Qui m’échappe qu’on s’en souvienne

Que je vois épais fait des vies étrennes

Qui m’appelle et m’endort d’en peine

Sang ça cille on

Par loi pare foi

17 mars 2011

Par loi pare foi

 

 ◊

Par la nuit qui m’espère

Par la lune là qui m’éclaire

Par le sang qui m’est cher

Par les flux de mots d’hier

Par la mort de ma chair

Par le noir de la chaire

J’effrite mes os clairs

◊ 

Par l’odeur de la fève

Par le cœur qui me crève

Par la fuite de toute trêve

Par la douleur vive, brève

Par la fin de tout rêve

J’étripe ma sève

◊ 

Par le son de ces voix

Par la chaîne en courroie

Par l’obscur de ma voie

Par clôture de parois

J’ai cris parfois

◊ 

Par le glas qui me tinte

Par la peau qui me suinte

Par lumière éteinte

J’écris teinte

◊ 

Par l’hier qui pâlit

Par le glas du non dit

J’édite et dédie

 ◊

Par loi en foie

J’essuie moi

En suivant le croquemitaine

15 mars 2011

En suivant le croquemitaine

 

–          Maman, hurla la petite fille d’une voix plaintive. C’est le méchant croquemitaine qui est de nouveau venu pour m’emporter très loin de toi

–          Ne t’en fais pas, dors ! fusa la réponse articulée par une voix suave de la pièce d’à côté. Tu verras qu’il ne peut rien te faire. D’ailleurs si tu le regardes bien, tu verras qu’il est bien transparent et inoffensif. C’est notre croquemitaine familial et il n’est pas bien méchant.

–          Je veux dormir avec toi, je ne veux plus l’avoir près de moi, reprit la voix plaintive. La petite fille hasarda un regard de côté et effectivement, il avait l’air bien pâlot et peu capable de nuire à qui que ce soit. Cela dit, quelque chose dans le regard froid que jetaient ses yeux – la seule chose assez visible de tout son être – la glaçait.

–          Tu sais bien que c’est impossible. Dors maintenant et tu pourras venir me voir demain reprit la voix suave, légèrement crispée d’avoir à se contenir dans le noir de la nuit. Elle entonna ensuite une mélopée qui aurait rempli le cœur des plus gais de la mélancolie la plus profonde mais qui avait, par la force de l’habitude, un profond effet apaisant sur la petite fille. La quintessence de la mélancolie était désormais la seule représentation possible de paix et de douceur dans l’esprit de la petite fille.

–          Tu es un méchant croquemitaine mais tu ne me fais pas peur parce que maman va s’occuper de toi si tu m’embêtes, reprit la voix plaintive avec une pointe de défi. Sur ce, la petite fille rapprocha sa petite marionnette de son oreiller et s’endormit en lui tortillant distraitement la main tandis que le croquemitaine la regardait contrit et peiné. Lui aussi semblait sous l’effet très prenant de la nostalgie de cette mélopée entonnée par une voix qui cherchait à se fondre dans la nuit.

Le lendemain, la petite fille passa devant la pièce d’à côté et en se hissant sur la pointe des pieds déposa un baiser sur la joue de sa mère à travers le carré la rendant accessible. Elle la regarda encore pendant que la nounou de ses mains tentaculaires lui faisait la tresse quotidienne qui accompagnait son uniforme scolaire tout en préparant son déjeuner à l’emporter en s’arrêtant juste pour boutonner son haut et lisser les plis de la jupe de son uniforme. Il était tellement pesant cet uniforme qu’elle avait l’impression de porter une cuirasse.

Sa mère la regarda partir à travers le carré jusqu’à ce qu’elle soit dans la rue et hors de vue avec ses sœurs. A l’ouverture de la porte une bourrasque de pluie apportée par le vent s’engouffra dans le vestibule exigu et sa mère frissonna. Elle cria à l’attention de la nounou de baisser la toile qui séparait l’entrée de la rue. C’était une espèce de voile de misaine et remplissait bien la tâche de maintenir la pluie au dehors mais la nounou faisait exprès de ne pas l’utiliser correctement sachant que la mère ne pouvait se déplacer jusqu’à la porte d’entrée pour le faire elle-même. Ce cortège de petites misères qu’elle faisait à la maman semblaient satisfaire son esprit mesquin à la recherche d’une revanche contre la vie qui en avait fait une servante chez des familles plus fortunées que la sienne. La petite fille avait maintes fois observé ce manège entre les deux femmes avec un mélange de pitié, de colère et d’impuissance. La nounou savait très bien que le prix de sa défiance serait payé plus tard quand le papa rentrerait et pour autant que la mère ose se plaindre mais elle se disait sans doute que rien que de pouvoir atermoyer l’issue du châtiment suffisait à lui donner une satisfaction mesquine de pouvoir avoir le dessus au moins durant la journée.

Dehors les poubelles s’entassaient devant la fenêtre de la maman, autre mesquinerie qui donnait une satisfaction sans bornes à la nounou qui savait la maman incapable de sortir les enlever de dessous sa fenêtre sans son aide.

Les jours de la mousson, tout cela donnait lieu à un cloaque infâme dont les effluves finissaient par incommoder tout le monde, y compris la nounou, et après les premières tentatives dont elle avait personnellement souffert, elle avait perdu de sa superbe et avait fait en sorte d’assurer le ramassage régulier des poubelles pendant la mousson.

Le départ journalier vers l’école du bon berger « Good Shepherd » du personnage éponyme, le plus grand des bergers, le salvateur de nos âmes de brebis humaines ou autrement dit le Christ, se faisait dans les heures matinales afin d’éviter la cohue qui aurait pu contaminer en sueur et en paroles grossières le cheminement qui séparait l’école des quatre jeunes filles du parking se trouvant assez loin de l’édifice. Leur retour se faisait en fin d’après-midi, toujours aussi tôt que possible après l’école pour les mêmes raisons.

Tout se déroulait donc dans ce même train-train quotidien qui n’offrait que peu sinon pas de variations sur le même thème jusqu’à ce soir fatidique. La petite fille après son manège quotidien avec sa mère et le croquemitaine – qui bizarrement développait des contours plus précis chaque nuit à part au niveau des jambes inexistantes – s’était endormie comme d’habitude quand elle fut réveillée par un bruit sourd. Elle s’était glissée hors de son lit et avait trouvé la maisonnée dans un état d’excitation suprême. Il semblait que sa mère n’en pouvant plus des poubelles sous sa fenêtre avait jeté toute sa nourriture ainsi que les ustensiles dans lesquels ils étaient par la fenêtre. Ceci afin de créer suffisamment de colère dans le quartier à propos des poubelles laissées là-bas et de l’état général de la rue. Les phrases volaient dans tous les sens et la petite fille vit sa mère vociférer à travers la grille contre la nounou qui essayait tant bien que mal de justifier cette histoire des poubelles. La petite fille se glissa lentement en arrière pour échapper à tout ce bruit causé par ces adultes et qui lui causait une douleur intense à la tête et aux oreilles. Elle sentit la présence du croquemitaine à ses côtés et vit que son corps était désormais devenu tout à fait visible à part au niveau des jambes, tant et si bien qu’il semblait flotter. Il n’était plus juste un nuage de gouttelettes d’eau donnant une impression d’un visage comme avant, il était désormais une vraie personne avec un corps s’arrêtant aux hanches et un visage bien dessiné. Elle tendit la main vers lui et il la prit doucement dans la sienne qui semblait immense. Le contact de sa peau était froid. Sans un mot, elle le suivit hors de la pièce pour aller vers sa chambre. Elle se tourna vers lui et lui dit d’une voix douce « Je n’ai plus peur de toi. Tu n’es pas si méchant et ce n’est pas ta faute de toute façon si j’ai peur ».

Le croquemitaine ne dit rien mais se contenta de marcher à ses côtés d’un pas mal assuré dont la lenteur essayait de se calquer sur le petit pas court de la petite fille. Il la regardait de ses grands yeux noirs insondables mais elle n’avait réellement plus peur du tout.

–           Comment t’appelles-tu ? demanda la petite fille

–          J’ai plusieurs noms lui répondirent alors plusieurs voix émanant du croquemitaine. Je m’appelle Bien Sey Ance, lui répondit une. Je m’appelle Dés Esse Poare répondit une deuxième. Je m’appelle Dé Ceppe Sillon répondit une troisième. Elle perdit dans le brouhaha qui s’ensuivit le reste des autres noms mais d’un coup les voix se turent et du silence sortit l’exclamation suivante « Je m’appelle Grant d’Ihr » reprise par plusieurs voix émanant de concert du croquemitaine

–          C’est bizarre, rétorqua la fille. Quand grand-mère est morte, on a mis un pita feu sur sa pierre qui disait Grand-mère, maman, tante, et tout et à la fin Rajambal. Pour toi ça va être beaucoup trop de noms. Il n’y aura pas assez de place sur une pierre

–          Ca s’appelle une épitaphe, dit le croquemitaine d’une voix douce mais ce n’est pas grave parce que, vois-tu, je ne mourrai jamais et n’en aurai jamais besoin d’une.

Et c’est en suivant le croquemitaine ce soir-là que la petite fille sentit comme il avait été vain d’essayer de le faire partir avant. Ce soir-là, quelque chose dans sa poitrine avait fait un drôle de bruit dans sa tête. Elle avait senti juste en dessous de la bande en satin que sa maman lui nouait d’habitude les jours de fêtes en un beau nœud blanc éclatant à gauche une espèce de frémissement comme un oiseau qui essayait de sortir. La douleur fut très brève mais tangible mais n’égalerait jamais en intensité ce qu’elle ressentirait le jour d’après avec les événements qui s’y déroulèrent et qui lui firent donner une présence permanente ainsi que des jambes au croquemitaine.

Wave me numb, wave me a crumb

13 March 2011

Wave me numb, wave me a crumb

 

She waves her hand at the past

This again wasn’t meant to last

The hand like the smile steadfast

While iron on her soul was cast

≈ 

She waves the arms so weary

From lost potential now dreary

Stubborn stint of a will so eerie

Willing a while the heart teary

≈ 

She waves off memories’ foam

On her mind too ready to roam

The heart dies without a home

Gnarled or skulking as a gnome

≈ 

She waves to a crowd’s merry

On the deck of a passing ferry

To light of a sun kissed cherry

To the promises of strawberry

≈ 

She waves away all past grief

As spring turns her a new leaf

Into her heart’s den crept thief

Stealing sorrow bringing relief

≈ 

She waves to the end of numb

To his heat she shall succumb

Tingling pressure of his thumb

Wiping off lips a cake’s crumb

Filet de soul

8 mars 2011

Filet de soul

 

Elle se débattit mais cela sembla inutile tant le filet l’enserrait de toutes parts épousant son corps comme un gant. L’anti matière de son tressage était du même acabit que son propre corps immatériel et elle ne réussit donc pas à le traverser. Impuissante elle regarda les ectoplasmes du bateau fantôme la hisser lentement vers eux. Elle se rappela du conseil de ses grands-parents qui avaient été ses gardiens depuis la mort de ses parents et se dit qu’elle aurait dû les écouter et ne pas s’aventurer si loin de sa soulitude natale faite de douceur.

Tout était la faute de ce maudit printemps, de cette illusion de licorne à la noix et de son caractère de funambule qui ne résistait jamais à l’envie de se balancer dans les airs entre deux gouffres aussi profonds l’un que l’autre. Les trous noirs du système soulaire ardent dans lequel elle était entrée par mégarde ou par entêtement – elle ne se souvenait plus – et qui avait fini de la désincarner après qu’une brûlure mille fois plus intense qu’une fièvre de licorne l’eût terrassée.

Et pourtant tous les signes avaient été là : le regard paniqué de ceux qui venaient d’apprendre le rite du passage par le douanier, le froid mordant qui s’échappait par la seule fenêtre de l’autre monde –placée si haut qu’il était impossible de regarder de l’autre côté de la vitre, l’odeur de soufre qui accompagnait chaque déflagration des êtres qui passaient à travers la porte et dont il ne restait qu’une pyrogravure dont chacune s’alignait aux côtés des autres faites avant elle. En bref, un spectacle qui eût refroidi les fantasmes même du plus ardent des pionniers mais elle avait continué son chemin, attirée par l’idée de cette découverte stellaire.

Le douanier à la face de rhinopithèque qui était assis comptant ses sous à la lisière des deux mondes n’avait pas arrêté de lui faire remplir tellement de papiers qu’elle avait failli finir dans ses mauvais papiers. « Quelles sont toutes ses manœuvres dilatoires ? » s’était-elle écriée excédée à quoi il lui répondit que c’était cela le prix – eh oui, il fallait toujours en revenir au prix dans ce bas monde – du passage dans l’autre monde. Il fallait bien réfléchir et ce n’était pas tant des manœuvres dilatoires que préparatoires à une décision qui serait finale.

En bon intermédiaire du suzerain de ce monde qui lui transmettait ses ordres à travers une corne creuse d’une licorne d’autres fois, il se chargeait de lasser les êtres résolus à passer dans l’autre monde pour qu’uniquement ceux qui ne pourraient plus êtres des marionnettes malléables finissent par franchir le pas. De toute façon pensait le suzerain en se regardant le nombril qui avait besoin de bien des soins de vassaux pour ne pas se détacher de son corps, ce genre de personnes ne lui serviraient à rien parce qu’ils ne seraient pas des vassaux obéissants. Car il fallait des êtres obéissant aveuglément pour caresser le corps immobile du suzerain qui devenait de plus en plus flasque et incapable de contenir ce bout de chair tremblotant au milieu. Le massage devait se faire en cercles concentriques partant de l’extrémité du corps et en ronds plus serrés pour se rapprocher de ce nombril violacé et la tache devenait non seulement plus épuisante mais aussi plus répugnante. En effet, à force d’immobilité le suzerain en devenait une énorme masse graisseuse dont l’arrivée du printemps exacerbait les effluves mortels et atteindre les extrémités pour s’essayer à exécuter au moins un cercle devenait une tache de plus en plus impossible du vivant de chaque vassal. Autant dire que le suzerain était très difficile à cerner pour n’importe quel être et elle s’était dit que n’importe quel autre destin valait mieux que d’être condamnée à cerner ce monstre, surtout que le printemps approchait à grands pas.

Les manœuvres avaient donc continué un bon moment et les ripostes acerbes fusant des deux parts avaient failli la mettre dans les mauvais papiers du douanier à la face de rhinopithèque et à la prunelle morte mais finalement elle réussit à finaliser ses démarches. Il lui restait avait dit à la fin le douanier de se débarrasser du reste d’aveux peccamineux pour accomplir le rite du passage. En se tournant vers lui pour demander ce que cela voulait dire, elle vit une lueur sadique enfin rallumer le regard de poisson mort du douanier qui lui dit avec un sourire torve qu’elle allait être brûlée au chalumeau pour que le peccamineux et la chair se détachent d’elle et qu’elle rentre éthérée dans l’autre monde laissant ses restes comme ornement au mur des « l’amant à sillons ». Elle eut un instant de panique mais c’était trop tard, c’était le prix à payer se dit-elle en se résignant et elle avança vers la porte faite de chalumeaux.

Elle se souvint d’une sensation de brûlure insupportable s’accompagnant d’une déflagration assourdissante et l’instant d’après elle flottait en apesanteur dans un espace feutré dont le silence et l’épaisseur du noir n’était brisé que ça et là par de doux clapotis et des rais d’une luminosité intense qui n’éclairaient bizarrement rien d’autre qu’eux-mêmes laissant le reste de l’espace dans le noir. Elle eut à peine le temps de sentir plus qu’elle ne vit d’autres êtres immatériels flottant auprès d’elle qu’une masse de cordes avait été jetée sur elle et qu’on la ramenait inexorablement vers le bateau fantôme. Une fois hissée à bord, elle fut soulevée rudement et que ne fut sa surprise de tomber nez à nez avec un faciès désormais familier, rhinopithèque pensa-t-elle avant de perdre connaissance.

Quand elle revint à elle, une version ectoplasmique du suzerain se tenait flasque devant elle et à côté d’elle l’ectoplasme du douanier qui frottait lentement et délibérément une énorme lame contre un trou noir et tandis qu’elle le regardait médusée, il se tourna vers le suzerain et lui demanda

« Comment voulez-vous votre filet de soul ? »

« Bleu » fut la réponse

Shoreline my meadow

6 March 2011

Shoreline my meadow

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Shoreline strewn with shells

Waves breaking succinic sand

Seagull flying yells

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Why meadow hallucinate

Resentment procrastinate

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Shore, a shell’s meadow

Horizon cast like God’s hand

Seagull like a crow

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Why meadow my heart still yearns

Succinic resentment burns

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Pain d’épice pain de miel, fin des vices règne de fiel

5 mars 2011

Pain d’épice pain de miel, fin des vices règne de fiel

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Mon spleen est toujours là, pleurs d’une moi d’autre foi

Mayday le bateau coule, Neptune roi se met dais

Médée sera mère poule, que le ciel puisse m’aider

L’injustice rend cœur las, peleurs y sont piètres rois

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Mayday le bateau coule, Neptune roi se met dais

L’eau rage soutient trépas, le bateau tangue pare foi

L’injustice rend cœur las, peleurs y sont piètres rois

M’aider ma plainte ma houle, démarches en escalier

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L’eau rage soutient trépas, le bateau tangue pare foi

Une vie faite d’entrelacs, la nature roule mes dés

M’aider ma plainte ma houle, démarche en escalier

Mes dais là ils me saoulent, je n’ai que ventre émoi

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Une vie faite d’entrelacs, la nature roule mes dés

Poinçon broche de féra, mort de harpon de loi

Mes dais là ils me saoulent, je n’ai que ventre émoi

Que faire de pierre qui roule, Sisyphe pour s’écraser

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Poinçon broche de féra, mort de harpon de loi

Chair noble dégustera, crocs temps peut édenter

Que faire de pierre qui roule, Sisyphe pour s’écraser

Attente temps qui s’écoule, l’amour en cœur seule voie

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Chair noble dégustera, crocs temps peut édenter

L’avenir nous le dira, le cœur au fer rougeoie

Attente temps qui s’écoule, l’amour en cœur seule voie

D’absurde je ne fais moule, l’enfance ma vérité

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L’avenir nous le dira, le cœur au fer rougeoie

La vie recoud abats, de cri témérité

D’absurde je ne fais moule, l’enfance ma vérité

Mon spleen est toujours là, pleurs d’une moi d’autre foi

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